Afrique : comment tirer profit du potentiel du commerce des services


Rédigé le 9 Décembre 2015 à 11:42 | 0 commentaire(s) modifié le 10 Décembre 2015 17:59

Ndakhté M. GAYE est un journaliste d'investigation engagé dans le suivi citoyen des obligations… En savoir plus sur cet auteur

Ecofinance.sn (Dakar) – Le rapport 2015 de la Cnuced sur le développement économique en Afrique propose des recommandations sur les mesures à prendre pour tirer parti d’une intensification du commerce de service.


Le commerce des services peut bien profiter à l'Afrique, selon la Cnuced.
«Organiser des consultations  multipartites pour l’élaboration des politiques  à tous les niveaux», c’est la première d’une série de recommandations concrètes et pratiques formulées par les auteurs du rapport 2015 sur le développement économique en Afrique de la Conférence des nations-unies sur le commerce et le développement (Cnuced).

«Les pays africains ont fait des progrès pour réglementer le commerce des services au niveau national, régional et mondial. Il existe néanmoins un manque de coordination des politiques à ces trois niveaux, qui empêche ces pays de tirer profit d’une intensification de ce commerce», font-ils observer.

«Les dirigeants et les négociateurs, à ces trois niveaux, doivent coopérer pour réduire ce hiatus, de façon que l’Afrique puisse davantage profiter d’un accroissement du commerce des services et d’une plus grande intégration des marchés», indiquent-ils.

Selon eux, l’harmonisation de ces différents niveaux d’intervention exigera de la volonté politique, des ressources considérables et un programme de sensibilisation et de promotion, à travers un certain nombre d’outils comme les consultations multipartites, les groupes de coordination et groupes de travail interministériel et parlementaires.

«Il faut engager, dès le premier stade de la conception des politiques, des approches et des consultations multipartites», recommandent-ils.

Des efforts supplémentaires pour appliquer les décisions de l’Ua.

Le commerce des services a des incidences positives sur le développement de l'Afrique.
Les auteurs du rapport invitent aussi  les pays africains à redoubler d’efforts pour appliquer les décisions et rendre opérationnelles les institutions de l’Union africaine (Ua) en matière de commerce.

«Il faut redoubler d’efforts pour transposer au  niveau national et régional les décisions de l’Ua ;  l’analyse des situations sur le terrain montre qu’une partie du hiatus  entre les politiques et les réalités tient  à l’absence de prise en compte et d’intégration du commerce des services dans les instruments actuels, y compris s’agissant du suivi et de l’évaluation», soulignent-ils.

Intégrer le commerce des services dans le processus de création dune zone de libre-échange

Les rédacteurs du rapport demandent également aux pays africains d’intégrer le commerce des services dans toute stratégie de négociation sur la création d’une zone de libre échange-échange continentale.

«Pour accroître les avantages que l’on peut attendre d’une intensification du commerce intra-africain, les négociations relative à la création d’une zone de libre-échange continentale doivent intégrer le commerce des services», indiquent-ils.

«La création d’une telle zone n’aura véritablement d’impact que si la libéralisation du commerce des marchandises s’accompagne d’une ouverture du commerce des services, en particulier du fait que de nombreux services jouent un rôle fondamental de catalyseur pour le commerce et peuvent créer d’importantes relations industrielles verticales au sein de l’économie des services, avec des incidences positives sur l’emploi et la croissance», ajoute-t-ils.

Ce n’est pas tout.  D’autres recommandations indiquant à s’attaquer aux obstacles structurels du financement et à harmoniser les réglementations régionales et multilatérales en matière de services financiers ont aussi été formulées par les auteurs du rapport.

Selon eux, ces recommandations servent à aider les pays africains à mieux exploiter le potentiel qu’offre le commerce des services, et ses incidences sur le développement, l’emploi et la croissance qui sont tous développés dans le rapport. 


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