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Comment les réseaux publics et privés peuvent favoriser la finance verte


Rédigé le 19 Septembre 2019 à 14:06 | 0 commentaire(s) modifié le 21 Septembre 2019 - 00:08


(Equonet-Dakar) - Le monde manque de temps pour agir sur le changement climatique. L'Accord de Paris de 2015 a engagé le monde à limiter le réchauffement climatique bien en dessous de 2 ° C et à rester aussi proche que possible de 1,5 ° C au-dessus des niveaux préindustriels. Pour atteindre ces objectifs, les émissions mondiales de gaz à effet de serre doivent atteindre le «zéro net» d’ici le milieu du siècle. Une action urgente est nécessaire.


Les régulateurs financiers tirent également la sonnette d'alarme. Le groupe de travail sur les informations financières relatives au climat et le réseau pour une écologisation du système financier ont averti que les risques liés au climat pourraient entraîner une baisse de la rentabilité et avoir une incidence sur la stabilité financière globale. Une divulgation accrue des risques liés au climat permettra aux marchés financiers de mieux en tenir compte dans l'évaluation des entreprises. Pour reprendre les mots du ministre français de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire: «Les finances devront être vertes ou il n'y aura aucune finance».

À mesure que les économies se tournent vers l'action climatique, de nouvelles opportunités d'investissement apparaissent. Le rapport Stern a déclaré avec autorité que les coûts économiques du changement climatique étaient bien plus élevés que les coûts de sa prévention par la réduction des émissions. De nouvelles preuves montrent également que, plutôt que le développement économique et l'action pour le climat étant un compromis, s'attaquer aux deux ensemble peut se renforcer mutuellement. Par exemple, la baisse des coûts des énergies renouvelables, combinée aux nouvelles technologies de stockage d'énergie, pourrait faire pencher la balance en faveur des options à faible émission de carbone.

Toutefois, ni se concentrer sur la réglementation financière ni modifier les incitations économiques ne seront suffisants. Une action collective renforcée - à la fois entre les pays et entre les secteurs public et privé - est cruciale pour s'attaquer à cet agenda. La BERD œuvre dans près de 40 économies et la mise à profit des synergies entre les secteurs public et privé est fondamentale pour notre mission. Nous nous concentrons sur quatre domaines pour faire face au défi climatique.

Premièrement, les pays doivent orienter leurs objectifs de réduction des émissions vers le «zéro net». Cela enverra un signal clair aux investisseurs privés. L'Accord de Paris repose sur la prémisse d'engagements nationaux revus et ajustés périodiquement, fournissant à tous les pays un cadre pour contribuer à l'action climatique, quel que soit leur niveau de développement. Cela conduit à des engagements juridiquement contraignants. Des engagements ont été pris pour atteindre les émissions nettes nulles, combinés à des instruments officiels du Danemark, des États-Unis d’Amérique, de la Nouvelle-Zélande, de la Norvège, de la Suède, du Royaume-Uni et de la Suède, tandis que d’autres comme l’Éthiopie et le Costa Rica ont des ambitions similaires. La BERD aide l' Ukraine  à développer sa contribution déterminée au niveau national.

Deuxièmement, les engagements doivent être soutenus par des politiques. Développer un prix du carbone clair est crucial, mais pas suffisant en soi. Dans la plupart des économies où la BERD investit dans le carbone, les prix ne sont généralement pas fixés à un niveau suffisant pour modifier les flux financiers. Pendant ce temps, les subventions généralisées faussent le marché en faveur des combustibles fossiles. Nous savons également qu'un environnement réglementaire stable est essentiel pour attirer des financements privés. Par exemple, en Égypte, nous avons développé un cadre réglementaire et contractuel bancable pour les investissements dans les énergies renouvelables. Cela a conduit au financement du complexe Benban, le plus grand complexe de centrales solaires en Afrique, impliquant 16 entreprises du secteur privé pour une valeur de projet de plus de 1,1 milliard de dollars US.

Troisièmement, il faut accorder plus d’attention à la réalisation d’émissions nettes nulles dans les secteurs difficiles à réduire. La commission de transition énergétique, un groupe d'experts auquel la BERD a contribué, a montré qu'il fallait réduire les émissions de gaz à effet de serre, puis les éliminer des secteurs de l'aviation, du ciment, des transports routiers lourds, des plastiques, du transport maritime et de l'acier. La réduction des émissions passera par l'amélioration de l'efficacité énergétique, la réduction de la demande en produits à forte intensité de carbone ou par de nouvelles approches technologiques telles que l'électrification, le captage du carbone ou l'utilisation généralisée de l'hydrogène. Ces technologies sont commercialement viables ou en développement. Leur mise à l'échelle nécessitera la collaboration des industries et des décideurs.

Enfin, étant donné l’ampleur et la rapidité de la transformation, nous devons soutenir ceux qui subiront des conséquences néfastes. La nécessité de veiller à ce que l'action climatique soit également socialement inclusive a été énoncée dans l'Accord de Paris. La gestion des conséquences socio-économiques des industries en déclin et la conception d'une politique climatique visant à surmonter les impacts non désirés sur la répartition (tels que la pauvreté énergétique croissante) sont essentielles pour accroître l'acceptabilité politique de la décarbonisation. L’Union européenne a reconnu la nécessité de soutenir les régions houillères en tant que priorité et a créé une «plate-forme pour les régions charbonnières en transition» afin de faciliter la diversification économique et la reconversion des travailleurs. La BERD soutient les économies dans lesquelles elle investit en combinant politiques et investissements afin de faciliter le concept de «transition juste».

C’est grâce à cette action coordonnée et aux synergies entre réseaux publics et privés que nous pourrons relever efficacement le défi climatique.
 
Pierre Heilbronn



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