Dans la chaleur de l’expertise sénégalaise de la diaspora spécialisée dans l’industrie du pétrole et du gaz.


Rédigé le 27 Janvier 2020 à 10:38 | 0 commentaire(s) modifié le 27 Janvier 2020 19:18

Ndakhté M. GAYE est un journaliste d'investigation engagé dans le suivi citoyen des obligations… En savoir plus sur cet auteur

(Equonet-Dakar) - Ce samedi 25 janvier 2020 a été choisi par le ministère du Pétrole et des Energies (MPE) pour l’organisation de la conférence dédiée à l’expertise sénégalaise de la diaspora spécialisée dans l’industrie du pétrole et du gaz. Ce fut une journée riche en partage d’expériences avec en prime une audience au palais de la République.


Aux environs de 9 heures du matin, les experts sénégalais de l’extérieur, plus d’une vingtaine, et autres invités commencèrent à remplir la grande salle de conférence du nouveau building administratif Mamadou Dia. Ils étaient correctement habillés dans leur grande majorité de beaux costumes et cravates avec des chaussures bien cirées. Leur moyenne d’âge est comprise entre 40 et 65 ans.   

En attendant l’arrivée du ministre du Pétrole et des Energies, Mamadou Makhtar Cissé, on assistait à des séances de salutations et d’accolâtes avec leurs collègues locaux. C’était la retrouvaille et les prises de contact. L’ambiance était bonne. Mais elle n’était que de courte durée. Parce que l’heure d’arrivée du ministre s’approchait. Il fallait donc que tout le monde regagne sa place.

Aux alentours de 10 h, après que tous les invités s’installent dans leur chaise, le maître de cérémonie, un membre de la cellule de communication du département ministériel, en l’occurrence Malick Ndao,  annonce l’arrivée de Mamadou Makhtar Cissé et sa délégation.

L’assistance se met debout en signe de politesse. Ils ressemblaient à un corps d’armée qui observe la levée de couleur du drapeau national. Honoré par cette marque de politesse, le ministre qui s’est montré très modeste leur demanda de reprendre leur place.

Chose faite, le maître de cérémonie reprend la parole. Ce fût pour annoncer le programme de la rencontre. Le thème de conférence porte sur la ‘’Contribution de l’expertise sénégalaise locale et de la diaspora pour une gestion inclusive des ressources pétrolières et gazières’’.

Sa communication a été suivie par celle du ministre. C’est le début des choses sérieuses. Par courtoisie et pour respecter l’ordre protocolaire, il donne la parole à Moïse Sarr, secrétaire d’Etat venu représenter le ministère des Affaires étrangères. A sa suite, Makhtar Cissé reprend la parole pour ouvrir les travaux.
Très pragmatique, il résuma ses propos autour de quatre principes de gouvernance du secteur de l’Energie : le courage, la clarté, la cohérence et la communication.

A cet effet, il a beaucoup parlé de la clarté avec la mise en place des textes réglementaire et législatif déjà pris comme la loi relative sur le contenu local, et d’autres en cours comme le code gazier qui est sur le bureau de l’Assemblée nationale et les décrets d’application en attente de promulgation par le président de la République. Il croit savoir que celle-ci interviendra au courant du mois d’avril prochain. C’est sur annonce qu’il déclara ouvert les travaux de la journée. S’en est suivi d’une présentation de la politique de développement et du contenu local.

A la fin de l’exposé, le maître de cérémonie reprend la parole et annonce la pause café pour 15 minutes. C’était aux alentours de 11 h. Mais il semblait allé vite en besogne car le ministre a immédiatement repris la parole pour demander à ses hôtes experts de se présenter d’abord avant cette récréation.

Une concentration de matière grise

Et le tour de table commence pour se terminer vers 12 h. Comme un entretien d’embauche, les uns et les autres se sont succédés au micro pour remercier le ministre et le féliciter de sa «belle» initiative avant de ‘’vendre’’ leur expérience, leur compétence et leur savoir-faire.

Ils se réclament pour la plupart du pur produit de l’école sénégalaise où ils ont démarré leur formation de base et supérieure, notamment à l’école supérieure polytechnique (ESP) de Dakar et à l’école polytechnique de Thiès avant de s’envoler vers l’extérieur.

Etant tous des ingénieurs dans différents métiers du pétrole et du gaz, ils déclarent avoir capitalisé une expérience allant jusqu’à 40 ans. Ils soutiennent aussi avoir travaillé dans de grandes sociétés ou entreprises multinationales où ils occupent des postes stratégiques dans le top management. Autant de qualifications qui semblent séduire le ministre qui résume ces présentations en une courte phrase : une concentration de matière grise.

Au vu de toutes ces expériences et compétences sénégalaises de la diaspora, ce serait une grave erreur si les autorités ne mettent pas à contribution ses compatriotes de l’extérieur pour tirer profit de leur savoir-faire.

C’est sans doute ce qu’à compris le ministre qui a eu l’intelligence d’organiser cette journée afin de recueillir leurs contributions pour une gestion inclusive des ressources pétrolières et gazières.  
Mais pour le ministre, cette journée s’est avérée très insuffisante pour bien tirer profit de l’expertise de la diaspora. Aussi, a-t-il promis d’étudier la possibilité d’institutionnaliser cette rencontre. 

La course contre la montre

Mais la séance de séduction était loin d’être terminée. Le temps presse. Il était 12 h. Il fallait alors le gérer parce que le ministre et ses hôtes devaient être reçus en audience par le président de la République, à 16 h. Face à cette urgence, Makhtar Cissé s’est vu contraint de suspendre cette entrevue pour la pause café.

Cette récréation n’a pas trop durée. Le maître de cérémonie exerce une pression sur les experts en leur demandant gentiment  de regagner au plus vite la salle. Puis, c’est le retour à la salle pour la reprise des travaux. Il sera présidé par Serigne Mboup, directeur général de la Société africaine de raffinage (SAR). Il sera assisté par le ministre et le directeur général de PETROSEN.

M. Mboup commence par indiquer aux experts les points sur lesquels le ministère attend leurs contributions. Ils les résument pour l’essentiel à la gestion des contrats pétroliers et gaziers et au contenu local. Les attentes du département ministériel étant ainsi exprimés, il peut maintenant ouvrir une première liste d’intervenants. Beaucoup de bras se sont levées. Le président de séance, qui s’est montré directif, en prend 11 et leur accorde un temps de parole compris entre 1 à 3 minutes.

Pour l’essentiel, les interventions étaient axées plus sur des suggestions que des questions. Elles ont surtout porté sur la fiscalité, les éventuels litiges, le capital humain, de la formation, de la maîtrise du coût, du contrôle des volumes lors de la production, de la gestion des attentes des populations en termes d’emplois, de l’accompagnement du secteur privé national sénégalais, de la reconversion des populations impactées par l’exploitation des ressources pétrolières et gazières, de l’intégration des hydrocarbures dans le Plan Sénégal émergent (PSE), etc.

Quelqu’un d’entre eux, un certain M. Bodian, s’est montré très concret. Il a proposé la création d’un organe indépendant de contrôle des opérations pétrolières et gazières sur la base d’un cahier de charge avec une obligation de résultats.

Et, l’appétit vient en mangeant, d’autres mains se sont levées alors que la première liste d’intervenants n’était épuisée. Très enthousiasmé, ils avaient hâte de s’exprimer. Soit pour des questions de relance, soit pour de nouvelles questions. L’heure du grand rendez-vous avec le chef de l’Etat s’approchait. A 15 h le débat n’était pas terminé. Et il fallait prendre le déjeuner.

Le ministre s’est vu contraint de nouveau à suspendre les discussions et donna la parole à ses collègues, notamment l’Institut national du pétrole (INPG), la Société des pétroles du Sénégal (PETROSEN) et le Comité d’orientation stratégique du pétrole et du gaz (COS-PETROGAZ), pour apporter des éléments de réponses aux nombreuses questions soulevées par les sénégalais de l’extérieur. Ce qui fut fait.

Makhtar Cissé reprend la parole pour suspendre le débat devenu passionnant. Il a indiqué à ses hôtes d’autres rencontres imminentes à Dakar sur l’industrie du pétrole et du gaz où ils pourront poursuivre les discussions. Puis, après avoir formulé des prières pour le succès de sa mission, il lève la séance et invite l’assistance au déjeuner.

Dans cette grande salle à manger du nouveau Building administratif bien aéré et aménagé avec le confort qui sied, il n’y avait pas de temps pour savourer le bon menu réservé aux invités du ministre que je me réserverai de commenter. Il fallait manger vite, dans la précipitation. Histoire de respecter l’heure de l’audience du palais de la République. Il ne restait que quelques petites minutes pour quitter la salle à manger. Le ministre se lève et appelle ses hôtes à le rejoindre.

Heureusement que la distance entre le building administratif et le palais n’est que de quelques pas de marche. 


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