Emigration sénégalaise: les raisons d’un départ à toute force


Rédigé le 27 Novembre 2020 à 12:38 | 0 commentaire(s) modifié le 30 Novembre 2020 12:01

Ndakhté M. GAYE est un journaliste d'investigation engagé dans le suivi citoyen des obligations… En savoir plus sur cet auteur

(Equonet-Dakar) - Une chercheure de l’Ird explique les logiques habituelles de l’émigration sénégalaise et ce désir de partir à tout prix au péril de sa vie.


Nelly Robin chercheure en géographie, Institut de recherche pour le développement (IRD) montre comment l’émigration des jeunes est un nouvel enjeu social pour le Sénégal. Son article publié dans ‘’The Conversation’’ explique les logiques habituelles de l’émigration sénégalaise et ce désir de partir à tout prix au péril de sa vie.

«Depuis l’automne, l’archipel des îles Canaries connaît une forte accélération des arrivées de migrants subsahariens, candidats à l’immigration en Europe. Plus de 2 000 ont accosté en seulement deux jours, début novembre. Parmi eux, des mineurs sénégalais. Leur présence questionne les logiques habituelles de l’émigration sénégalaise et interroge ce désir de partir coûte que coûte au péril de sa vie», écrit-elle.
 
A cet égard, elle met en exergue l’enjeu ambigu des relations de parenté. «Aujourd’hui, comme le montre notre récente étude, le départ du cadet, parfois très jeune, devient de plus une réalité», note-t-elle. «Cela encourage-t-il une renégociation de la position sociale des nouveaux migrants au sein de la parenté  ?», s’interroge-t-elle.

Et Nelly Robin de se lancer dans une large explication. «Dans la famille sénégalaise, au sein d’une même génération, l’autorité appartient d’abord aux aînés. L’émigration actuelle, souvent initiée par le cadet, très tôt en rupture scolaire (en raison de la surcharge des classes en primaire et de la précarité économique des familles), interroge ces principes du système de parenté et du réseau des familles qui lui sont apparentés.

«La décision d’émigrer s’est individualisée. Elle n’est plus pensée dans un processus de transmission à l’intérieur du lignage ; elle substitue au droit d’aînesse  l’initiative personnelle, stimulée par les responsabilités que chacun considère avoir vis-à-vis de ses parents et de l’économie familiale».
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