L’Unesco va outiller les médias pour la production d’informations de qualité destinées aux migrants africains


Rédigé le 9 Juillet 2019 à 17:23 | 0 commentaire(s) modifié le 10 Juillet 2019 13:24

Ndakhté M. GAYE est un journaliste d'investigation engagé dans le suivi citoyen des obligations… En savoir plus sur cet auteur

(Equonet-Dakar) – L’organisation des nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) entend renforcer les capacités des professionnels des médias africains pour permettre à ces derniers de produire des informations de qualité pouvant aider les migrants à prendre une décision éclairée sur les questions migratoires.


C’est officiel. L’Unesco a lancé aujourd’hui à Dakar un projet régional ‘’Autonomiser les jeunes en Afrique à travers les médias et la communication’’ pour renforcer l’accès à une information crédible des jeunes sur la migration en Afrique de l’ouest et du centre.
 
D’un coût estimatif de plus de 2 milliards FCFA financés par l’Agence italienne pour la coopération au développement (AICS) du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale (MAECI), ce projet vise à donner aux jeunes garçons et filles les moyens de prendre des décisions éclairées sur les questions migratoires grâce à un meilleur accès à une information de qualité.
 
«La quête d’opportunités éducatifs, économiques, sociaux, de sécurité ou personnels des jeunes africains conduit certains à la migration. Quelle soit interne en Afrique ou vers d’autres continents notamment l’Europe, la migration comporte des risques importants, parfois mortels, auxquels les jeunes ne sont pas préparés et peu ou mal informés. Cette faiblesse de l’information ne se limite pas aux difficultés, mais aussi aux opportunités réelles ainsi qu’aux droits des migrants, notamment pour les femmes. Les médias locaux et nationaux jouent un rôle crucial dans l’élaboration du récit de la migration, mais ne sont pas toujours en mesure de couvrir les migratoires à tous les niveaux», a fait remarquer Dimitri Sanga, directeur du bureau régional de l’Unesco pour l’Afrique de l’ouest (Sahel).
 
M. Sanga ayant ainsi cerné le problème, il s’agira maintenant pour lui de renforcer la capacité des professionnels des médias afin qu’ils puissent rendre compte de la migration tout en prônant des normes et des bonnes pratiques en matière de droits de l’homme et des approches sexospécifiques et inclusives de la couverture de cette question dans les pays ciblés.
 
Francesco Paolo Venier, ambassadeur d’Italie à Dakar, est en phase avec cette approche. «Mieux informer, pour que les gens puissent mieux décider. Ca touche donc les médias, et leur devoir d’informer avec précision ; ça touche aussi les gens, les jeunes surtout, qui doivent savoir ce qu’ils trouvent aussi bien les opportunités qu’ils laissent dans leur terroir, s’ils décident de partir en émigration», a-t-il déclaré.
 
D’une durée de 3 ans, ce projet couvre le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Ghana, la Guinée, le Mali, le Niger, le Nigéria et le Sénégal. Pour son exécution en synergie, il a été mis en place un comité consultatif composé d’entités régionales et nationales (médias et société civile) intéressés par les médias ou la migration. Il s’est réuni aussitôt après le lancement du projet afin de fournir une orientation stratégique du projet.


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