Les Pme du secteur des services, un nouveau moteur de croissance pour les Pma africains ?


Rédigé le 31 Mai 2016 à 17:26 | 0 commentaire(s) modifié le 2 Juin 2016 20:02


Ecofinance.sn (Dakar) - Comment les PME prestataires de services peuvent-elles devenir un moteur de création d’emplois et de croissance inclusive en Afrique, afin de contribuer à la transformation socio-économique du continent ?


Le monde d’aujourd’hui, en pleine mutation alimentée notamment par les progrès continus de la technologie, est riche en opportunités économiques tant pour les petites que pour les grandes entreprises. Les pays développés et de nombreux pays en développement s’adaptent à l’évolution actuelle du contexte économique en produisant des produits et des services toujours plus innovants et concurrentiels. Cependant, les pays les plus pauvres – fréquemment classés dans la catégorie des pays les moins avancés (PMA) – ont du mal à faire la transition nécessaire. Bridés par des contraintes financières, physiques et humaines, ces pays n’ont pas été capables de se sortir du cercle vicieux du sous-développement pour trouver la voie d’une croissance économique inclusive et de la prospérité. On observe par conséquent un fossé économique important entre les PMA et le reste du monde.
 

Le rôle des PME dans le développement du secteur des services en Afrique

L’Afrique a la triste réputation d’abriter 34 des 48 PMA, ce qui atteste des difficultés du continent en matière de développement. La situation de ces PMA africains en termes de topographie, de conditions climatiques, de ressources et de situation économique est extrêmement variable, mais ils ont tous en commun un faible niveau d’industrialisation, une vulnérabilité aux chocs externes, une pauvreté omniprésente et des déficiences d’infrastructure, notamment dans les transports, l’énergie et les télécommunications. Le chômage y atteint des niveaux alarmants, notamment chez les jeunes. L’un des facteurs exacerbant le problème du chômage est la discrimination dont sont souvent victimes les femmes au travail, ce qui limite leur contribution économique et leur influence dans la société.

L’importance croissante des services dans le monde pourrait pourtant annoncer un changement pour les PMA africains. Les services y représentent déjà près de 50 pourcent du PIB. Toutefois, au vu de la forte dépendance de beaucoup d’entre eux à l’égard des recettes d’exportation issues d’une gamme étroite de matières premières, développer de nouvelles sources de capitaux d’investissement et de revenus d’exportation est nécessaire. Les données montrent de plus en plus que le développement du secteur des services pourrait jouer ce rôle, ce qui permettrait de redynamiser le marché de l’emploi et de rajeunir certains segments de la société.

On observe ces dernières années une forte croissance dans les secteurs des TIC (technologies de l’information et de la communication) et du tourisme dans plusieurs PMA africains, tandis que l’économie créative (qui produit par exemple des enregistrements musicaux ou des événements culturels) est considérée comme un domaine offrant un potentiel de croissance significatif pour le continent. Cependant, beaucoup de services ne sont fournis qu’à très petite échelle et ne sont pas d’une nature commerciale très avancée. Bien que les PMA africains exportent un certain nombre de services commerciaux, ils affichent généralement un déficit de leur balance commerciale des services. La part moyenne des exportations de services dans le total des exportations n’est que d’environ 28 pourcent, avec quasiment la moitié de ce chiffre représentée par les voyages touristiques.

Alors que les discussions sur l’importance des services dans l’économie des pays (et notamment des pays pauvres) trouvent un écho dans le monde entier, la question des petites et moyennes entreprises (PME) et de leur contribution au secteur des services est souvent soulevée. Pourtant, la portée et l’incidence des services liés aux PME dans les PMA n’ont fait l’objet que d’une attention très limitée dans la littérature académique, et les informations sur les PME dans le secteur des services en Afrique sont particulièrement éparses. Il ressort néanmoins de nombreux documents de politique, analyses économiques générales, rapports économiques et articles d’opinion que les PME des PMA africains se heurtent à des obstacles significatifs lorsqu’elles essayent de se développer et de commercialiser leur offre de services, ce qui peut s’avérer une source importante de frustration et de désillusion et rend la perspective d’une réussite commerciale bien incertaine.

Le terme « PME » est difficile à définir de manière précise et varie selon les pays et les secteurs. En général toutefois, il désigne une entité commerciale qui exerce son activité avec des ressources limitées et une faible rentabilité financière, ne serait-ce que par comparaison avec des entreprises de plus grande taille. Dans cet article, une PME désigne une entreprise comptant jusqu’à 100 salariés, les «  entreprises moyennes » ayant de 50 à 100 salariés et les « petites » moins de 50. Certaines personnes font une distinction supplémentaire entre les « petites » entreprises (10 à 49 salariés) et les « micro » entreprises (moins de 10 salariés).

Une caractéristique distinctive des PMA africains est que la majorité des entreprises y relèvent de la catégorie des « micro » entreprises et sont « survivalistes » par nature, c’est-à-dire qu’elles génèrent une très faible rentabilité avec des perspectives de croissance extrêmement limitées. Elles sont également le plus souvent non déclarées, exerçant leur activité de façon informelle, « dans l’ombre » pour ce qui est des aspects fiscaux et réglementaires. On observe en revanche une pénurie d’entreprises de taille moyenne disposant d’une part de marché décente, offrant des perspectives d’investissement attractives et bien placées pour offrir une performance économique encore meilleure si elles pouvaient bénéficier de financements extérieurs ou d’autres formes de soutien. Ce sont ces entreprises de taille moyenne (parfois appelées le « milieu manquant ») qui jouent un rôle crucial dans la création d’emplois solides et soutiennent le développement continu à long terme de leurs pays d’origine.

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Sonja Grater, Ali Parry, Wilma Viviers/Passerelles


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