Nigéria : à peine sortie de la récession, l’économie risque d'être paralysée par une grève dans le secteur pétrolier


Rédigé le 18 Septembre 2017 à 18:22 commentaire(s) modifié le 18 Septembre 2017 18:27


L’industrie pétrolifère nigériane est paralysée par un mouvement de grève générale qui s’étend également à plusieurs secteurs industriels, notamment celui de l’électricité. Lancée par plusieurs syndicats qui réclament l’amélioration de leurs conditions de travail, la grève arrive au mauvais moment, puisque le pays vient à peine de sortir de la récession dans laquelle il était plongé depuis presque deux ans. Un signe de reprise économique qui revient en grande partie à l’amélioration du secteur pétrolier.



(Ecofinance.sn Dakar) - C'est une nouvelle impasse pour le Nigéria. L'industrie pétrolifère, un des principaux secteurs ayant aidé le pays dans sa récente sortie de la récession, risque d'être paralysée par un mouvement de grève générale observé depuis ce lundi 18 septembre. L'appel au débrayage a été lancé, vendredi dernier, par une des principales centrales syndicales du pays, l'ULC, qui avait adressé un ultimatum au gouvernement. Celui-ci a finalement  expiré la semaine dernière.

L'United Labor Congress (ULC), une centrale syndicale regroupant une dizaine d'organisations professionnelles des secteurs du pétrole, des télécoms, du gaz, de l'aviation, des banques et de l'énergie, est née d'une récente scission de la principale centrale syndicale du pays, le Nigéria Labour Congress (NLC). La centrale revendique entre autres l'augmentation du salaire minimum de 18 000 à 56 000 nairas (130 euros), l'arrêt du processus de privatisation de la compagnie nationale d'électricité, ainsi que le départ des militaires assurant la sécurité des différents sites pétroliers du pays.

Des revendications que le gouvernement nigérian trouve «fallacieuses» et illégales, comme l'a exprimé le ministre fédéral du Travail, Chris Ngige pour qui «appeler à la grève, en l'absence de conflit social avec les employeurs, est une violation flagrante des dispositions du code du travail et des normes internationales». De plus, les autorités ne considèrent pas l'ULC comme une organisation légale, puisqu'elle n'a toujours pas d'agrément délivré par les autorités.

C'est en tout cas ce qu'a confirmé la présidence nigériane à travers les déclarations, hier dimanche, de Garba Shehu, conseiller en communication du président Muhammadu Buhari, peu après son départ pour New York pour assister à la 72e Assemblée générale ordinaire de l'ONU. Le gouvernement menace d'ailleurs de poursuivre les grévistes en justice et dans une déclaration publique, un haut responsable du ministre du Travail et de l'emploi, Bolaji Adebiyi, a même qualifié l'appel à la grève national de «tentative de sabotage économique».

Les autorités comptent parallèlement sur la division qui règne au sein des travailleurs par rapport à cette grève. Les deux autres centrales syndicales, le Nigerian Labour Congress (NLC) et le Trade Union Congress (TUC) se sont ainsi démarqués du mouvement de grève. Au sein même de l'ULC, le syndicat du secteur bancaire a annoncé qu'il n'est pas en mesure de suivre actuellement le mot d'ordre de la confédération à laquelle il est affilié, même s'il n'envisage pas de rejoindre ultérieurement le mouvement.

 
latribune afrique


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