Politique foncière en Afrique : appel à des politiques favorables aux pauvres, à l’égalité d’accès et au droit de propriété des terres


Rédigé le 3 Novembre 2021 à 20:26 | 0 commentaire(s) modifié le 4 Novembre 2021 10:58


(Equonet-Dakar) - Lors de la conférence sur la politique foncière en Afrique, les participants ont appelé à des politiques foncières favorables aux pauvres, à l’égalité d’accès et au droit de propriété des terres.


Les participants à la conférence sur les politiques foncières en Afrique, édition 2021, ont lancé lundi, un vibrant appel aux pays africains pour qu’ils mettent en place des politiques foncières favorables aux pauvres et instituent des droits fonciers inclusifs, en particulier pour les femmes et les jeunes, a appris equonet de la  Banque africaine de développement.

«La terre est un élément essentiel dans la production alimentaire et une source majeure de capital pour les pauvres, a affirmé la directrice-pays de la Banque africaine de développement pour le Rwanda, Aissa Sarr Touré. Dans tout programme portant sur la réforme agraire et les droits fonciers des femmes en Afrique, l’importance de la terre et l’inégalité de sa répartition entre les femmes et les hommes devraient être davantage prises en compte.»
« A la Banque africaine de développement, nous sommes très engagés sur ce sujet dans l’ensemble de nos programmes et dans la mise en œuvre de nos projets. Nous continuerons d’appuyer les États membres dans la réalisation de leurs objectifs nationaux et la nécessité qu’ils ont de parvenir à un développement inclusif et durable », a souligné Aissa Sarr Touré qui s’exprimait au nom de Beth Dunford, vice-présidente de la Banque africaine de développement chargée de l’Agriculture et du Développement humain et social.
Elle a insisté sur la nécessité d’un accès des femmes et des jeunes à la terre, d’une utilisation et d’un droit de propriété des terres qui soit équitable pour tous les membres de la communauté, notamment pour les femmes et les jeunes. 
Cette année, la conférence se tient sur le thème : « La gouvernance foncière au service de la protection des arts, de la culture et du patrimoine pour l’Afrique que nous voulons ». Il fait écho à la déclaration de l’Union africaine de 2021 qui a retenu comme thème de cette année : « Arts, culture et patrimoine : les leviers pour construire l’Afrique que nous voulons », liée à l’aspiration 5 de l’Agenda 2063.
« Pour assurer l’équité, nous avons besoin d’un engagement au niveau national et régional », a déclaré Patrick Karera, secrétaire permanent du ministère de l’Environnement du Rwanda. Tout ce qui concerne les terres nécessite une forte volonté politique, l’adhésion des populations et une collaboration étroite. »
Selon M. Karera, le changement climatique augmente les risques de déforestation et de détérioration des sols, et il faudrait utiliser des moyens innovants pour mettre en œuvre des réformes et des services agraires adéquats.
L’édition 2021 de la conférence se tient de façon hybride, en visioconférence et en présentiel à Kigali au Rwanda.
« La terre reste une question très sensible en Afrique et continue de jouer un rôle historique majeur pour les populations, a déclaré Josefa Sacko, commissaire de l’Union africaine chargée de l’Agriculture, du Développement rural, de l’Environnement durable et de l’Economie bleue. Elle est au centre de leurs activités agricoles, des ressources naturelles et des autres activités liées à l’exploitation des sols. La terre est fondamentale pour les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire et le développement socio-économique des générations futures ».

Selon Mme Sacko, la compétition pour l’exploitation des terres, qui résulte des effets négatifs du changement climatique, exacerbe les conflits sur le continent, comme au Sahel. Elle a exhorté les pays africains à mettre en place, de toute urgence, des politiques foncières globales conformes au cadre et aux directives de l’Union africaine sur les politiques foncières en Afrique afin de combler les déficits en matière de capacités humaines, financières et techniques.
La directrice du bureau sous-régional pour l’Afrique de l’Est de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, Mama Keita, a affirmé que les « inventeurs » pourraient aider à rendre plus accessibles les informations techniques sur la réforme agraire.  
« Pour avoir plus de portée, les informations sur la gouvernance foncière peuvent être traduites en musique, en films, en arts visuels, en nouvelles et en animations, et présentées dans différentes langues africaines, a souligné Mama Keita. Parallèlement au droit écrit, les institutions traditionnelles et les mécanismes alternatifs de règlement des litiges sont utilisés pour régler les différends. Mais il reste encore beaucoup à faire. »
« Nous avons découvert que 80 % des affaires portées devant les cours et tribunaux en RD Congo étaient d’ordre foncier, a déclaré Sakombi Molendo, ministre des Affaires foncières de la République démocratique du Congo. Nous avons engagé des réformes pour changer cette situation. En deux ans, nous avons réussi à élaborer un projet de politiques foncières qui sera prochainement soumis au gouvernement ».
Le Centre africain sur les politiques foncières est un programme conjoint de la Commission de l’Union africaine, de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique et de la Banque africaine de développement. Il organise tous les deux ans, la Conférence sur la politique foncière en Afrique qui rassemble des décideurs africains, des universitaires, la société civile, le secteur privé et des agences internationales pour débattre de l’avenir de la politique foncière en Afrique.

Equonet


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