Sénégal : stimuler l’entreprenariat féminin par la commande publique


Rédigé le 11 Juin 2021 à 17:16 | 0 commentaire(s) modifié le 13 Juin 2021 09:23

Ndakhté M. GAYE est un journaliste d'investigation engagé dans le suivi citoyen des obligations… En savoir plus sur cet auteur

(Equonet-Dakar) - Au Sénégal, les marchés publics constituent une opportunité considérable pour stimuler l’entreprenariat féminin, selon Mountaga Ndiaye de la Banque mondiale.


Représentant 17 pour cent du produit intérieur brut (PIB), c’est-à-dire de la production de richesses du Sénégal en 2020, soit 2000 milliards de FCFA environ,  les marchés publics offre une opportunité considérable pour stimuler l’entreprenariat féminin. En mettant ainsi en exergue cette importante somme d’argent, Mountaga Ndiaye, spécialiste principal des achats à la Banque mondiale semble vouloir attirer l’attention des pouvoirs publics sur cette occasion importante à saisir pour en faire bénéficier aux entreprises féminines.
 
«Entre 2009 et 2017, l’ensemble des petites et moyennes entreprises (PME) n’ont bénéficié que de 20% de la valeur des contrats publics, alors qu’elles ont en moyenne 73% des marchés exécutés.  Il est temps que les PME appartenant à des femmes profitent aussi de ces opportunités conséquentes», a-t-il plaidé hier au cours d’un atelier de présentation du rapport Women entrepreneur finance initiative (we-fi) portant sur ‘’Accès des entreprises dirigées par des femmes aux marchés publics’’.
 
«Cela demande à la fois une règlementation adéquate au niveau national et des PMEF outillées à répondre fructueusement à la commande publique», a-t-il indiqué.
 
Selon l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), 33% des entrepreneurs sénégalais sont des femmes.  D’où tout l’intérêt de la Banque mondiale à mettre l’accent sur l’entreprenariat féminin. «Il est admis que les PME –englobent les entreprenants - représentent la quasi-totalité des entreprises au Sénégal, cela implique une contribution importante des femmes au tissu économique du pays, les femmes sont souvent disproportionnellement confrontées à des contraintes qui freinent la croissance de leurs entreprises, y compris leur accès aux marchés ou à la commande publique», a déclaré Mountaga Ndiaye.
 
Le We-Fi – en français, initiative de financement en faveur des femmes entrepreneures – est un partenariat entre plusieurs gouvernements et banques multilatérales de développement, avec pour objectif d’alléger les contraintes financières ou non auxquelles sont confrontées les PMEs dirigées ou détenues par des femmes.
 
Au Sénégal, la Banque mondiale, en tant que partenaire d’exécution de We-Fi, pilote un projet visant à établir un lien entre la commande publique et les PMEs appartenant à des femmes, ou PMEF. En collaboration avec l’ARMP au Sénégal, ce projet se concentre spécifiquement sur les activités telles que la réforme du cadre règlementaire pour la passation de marchés, ainsi que la sensibilisation et la formation au profit des cadres du gouvernement impliqués dans la passation des marchés.  
 
A cet égard, le projet We-Fi au Sénégal a collaboré avec Carapaces et l’ARMP pour réaliser une évaluation approfondie de la législation sénégalaise sur les marchés publics. Cette évaluation présente un cadre stratégique pour les réformes du cadre juridique actuel des marchés publics afin d’assurer une meilleure intégration de l’égalité et de l’équité entre les sexes. Il s’appuie également sur les bonnes pratiques africaines et internationales en matière d’intégration du genre dans les marchés publics et propose des critères pour l’identification des PME féminines participant aux marchés publics.


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