le lamento des péagers de l’autoroute Ila Touba


Rédigé le 21 Mars 2022 à 11:11 | 0 commentaire(s) modifié le 22 Mars 2022 15:49


(Equonet-Dakar) - Les péagers de l’autoroute Ila Touba lancent un cri du cœur au peuple sénégalais en vue de les alerter de la situation qui prévaut véritablement dans cette autoroute.


Chers concitoyens, ceci est un cri du cœur de l’ensemble des péagers de l’autoroute Ila Touba. Oui un message adressé au peuple sénégalais en vue de les alerter de la situation qui prévaut véritablement dans cette autoroute. En effet pour vraiment savoir ce qui se passe, il faut faire un Roundup ou tout simplement un rappel historique allant du début de l’exploitation jusqu’aujourd’hui.

Nous avons commencé à travailler depuis le 1er mars 2019 dans des conditions très difficiles car rien n’était encore au point et cela aussi bien sur le plan technique que sur le plan matériel (gares inachevées et autres) mais aussi des règlements pas du tout catholiques. Il fallait casser des œufs pour faire une omelette, pour dire tout simplement qu’il faut accepter ces sacrifices pour qu’un jour avoir une recette fructueuse.

Le chemin a été dur et parsemé d’embuches mais nous l’avons accepté et cela doit être notre participation, notre pierre à apporter pour un Sénégal émergent pour tout simplement emprunter l’expression. Voilà trois ans alors que nous avons subi toute sorte d’injustice, voilà trois ans qu’on nous a fait signer des contrats non seulement caducs mais à répétitions.

Nous nous sommes vus confié à une société intérimaire pendant deux ans, qui n’a jamais respecté tout ce qu’un travailleur devait bénéficier et qui a changé de nom à la troisième année pour s’éviter d’être attaqué en justice et revenir nous faire signer un autre contrat. N’ayant pas le droit de syndiquer et de crier notre ras le bol, nous nous sommes tus pour ne pas se voir débarquer. Voilà trois bonnes années que la peur nourrissait nos ventres et l’on se console toujours de ce leitmotiv bien sénégalais (Loudoul diekh amoul, Yallah bakhna).

Chers concitoyens, toute choses à une fin excepté le règne du Tout Puissant.

Aujourd’hui, on en est arrivé à la goutte d’eau qui fait déborder le vase, pour dire que trop c’est trop. Alors l’heure de dire non a sonné. Nous en avons assez vu. Les cœurs sont meurtris par cette nième signature de contrat que les autorités ont voulu nous faire signer par l’intermédiaire encore une fois d’une autre société intérimaire.

Nous avons dit non. Non à la signature de ces contrats, jugez-vous-même, dont le contenu était de trois mois d’essai et des salaires plus bas. Nous avons dit non puisque nous espérions avoir des CDI. Nous avons dit non puisque rien n’a changé. Nous avons dit non puisque nous savons qu’à la fin de ces trois mois, des licenciements vont suivre. Nous avons dit non parce que tout simplement nous sommes dans nos droits.

C’est ainsi que dans notre stratégie de combat, nous avons voulu respecter les voies officielles pour en discuter et trouver des solutions à nos problèmes. Nous sommes ouverts au dialogue parce qu’il y va de notre intérêt, nous sénégalais car on a bien dit autoroutes du Sénégal, alors un bien national, un bien commun. Ce message, nous l’avons adressé à tout sénégalais, qu’il soit politique, religieux, société civile, pour dire tout simplement que l’heure est venue d’arrêter ces maux qui gangrènent l’ensemble de la société sénégalaise. Il y’a trop d’injustices, trop de dérives qui ne font que bloquer notre développement. Serrons-nous les coudes et battons-nous dans la droiture pour le Sénégal de ses starting blocks.

Notre exemple est là pour confirmer ce que vivent tous les travailleurs du Sénégal. Alors arrêtons la politique politicienne, les conflits d’intérêts et parlons d’une seule voix pour que ce pays, petit par sa taille, mais grands par ses hommes, puisse retrouver sa place dans ce vaste village planétaire. Car, nous avons ce que beaucoup nous envie, les ressources humaines, pas des moindres, puisqu’étant de qualité.

Nous finirons par cet appel à l’ensemble des sénégalais, à nous soutenir et faire comprendre à nos autorités que ce combat est notre combat à nous tous car leurs enfants, leurs neveux, leurs filles sont dedans et ne demandent que de meilleures conditions, dans la paix, la non-violence, la quiétude gage de la stabilité du pays.
 
Le collectif des péagers de l’autoroute Ila Touba
equonet


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