les conditions de financement dans les économies de l’union monétaire ouest africaines demeurées favorables


Rédigé le 31 Juillet 2022 à 20:09 commentaire(s) modifié le 1 Aout 2022 13:51


(Equonet-Dakar) - La politique monétaire de la Bceao est restée accommodante, depuis le déclenchement de la crise sanitaire, en dépit du relèvement des taux directeurs intervenu le 16 juin 2022. Les conditions de financement dans les économies de l’UMOA sont demeurées favorables. Le financement des plans de relance des États et de l’activité du secteur privé s’est traduit par une croissance soutenue des agrégats monétaires.


Pour ce qui est du taux d'intérêt des marchés monétaire et interbancaire, il a été noté, au cours du mois de juin 2022, que les conditions sur le marché monétaire sont restées globalement favorables, malgré l’entrée en vigueur le 16 juin 2022 de la décision de relèvement de 25 points de base des taux directeurs prise par le Comité de politique monétaire lors de sa session du 1 er juin 2022. Ainsi, selon la note mensuelle de conjoncture de juillet 2022 de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (Bceao), les demandes de refinancement des banques de l’Union ont été servies au taux minimum de 2,25 pour cent durant la deuxième moitié du mois de juin 2022.
 
Pour rappel, le principal taux directeur de la Banque centrale avait été fixé à 2,00 pour cent par le Comité de politique monétaire, depuis le 24 juin 2020. Le taux d'intérêt moyen pondéré sur la maturité à une semaine est ressorti à 2,55 pour cent en juin 2022, en hausse de 22 points de base par rapport à son niveau du mois précédent. En juin 2021, ce taux se situait à 2,36 pour cent.
 
Concernant le taux d’intérêt débiteurs, les résultats de l’enquête sur les conditions de banque révèlent, à l'échelle de l'Union, que les taux d'intérêt débiteurs des banques au cours du mois de mai 2022 ont connu une hausse de 4 points de base (pdb) par rapport au mois précédent. Hors charges et taxes, le taux débiteur moyen est ressorti à 6,35 pour cent, contre 6,31 pour cent un mois auparavant et 6,26 pour cent un an plutôt. Le coût du crédit bancaire a augmenté en Guinée-Bissau (10,04 pour cent contre 9,68 pour cent), au Niger (8,60 pour cent contre 8,38 pour cent), au Sénégal (5,62 pour cent contre 5,44 pour cent), au Mali (7,36 pour cent contre 7,33 pour cent) et en Côte d’Ivoire (5,86 pour cent contre 5,85 pour cent). En revanche, des baisses sont notées au Bénin (6,59 pour cent contre 7,28 pour cent), au Burkina (6,91 pour cent contre 7,30 pour cent) et au Togo (7,11 pour cent contre 7,24 pour cent).
 
Les taux d'intérêt créditeurs des dépôts à terme se sont améliorés de 14 pdb d’un mois à l’autre pour s'établir à 5,13 pour cent, contre 4,99 pour cent un mois plus tôt et 5,28 pour cent une année auparavant. Par pays, un accroissement de la rémunération des dépôts est noté au Sénégal (5,39 pour cent contre 4,32 pour cent), en Guinée-Bissau (4,32 pour cent contre 3,80 pour cent), au Niger (6,10 pour cent contre 5,86 pour cent) et au Mali (5,22 pour cent contre 5,01 pour cent). Par contre,  une baisse de la rémunération des dépôts est relevée en Côte d’Ivoire (4,34 pour cent contre 5,03 pour cent), au Togo (5,50 pour cent contre 5,91 pour cent), au Bénin (5,20 pour cent contre 5,42 pour cent) et au Burkina (5,56 pour cent contre 5,66 pour cent).
 
S’agissant de la liquidité bancaire, il a été noté une détérioration de 620,7 milliards de francs CFA, au mois de juin 2022. Cette baisse est consécutive aux soldes négatifs de l’ensemble des facteurs autonomes de la liquidité. En effet, le solde de leurs opérations avec les Trésors et les autres facteurs nets sont ressortis à -357,7 milliards. Le solde des transferts nets avec l’Extérieur (-121,2 milliards) et le solde des versements nets de billets (-141,8 milliards) ont accentué la dégradation de la position structurelle de la liquidité des banques.
 
Durant le mois de juin 2022, les banques de l’Uemoa ont accru leur recours au refinancement de la Banque centrale (+249,8 milliards). Au total, la liquidité bancaire s’est soldée par une baisse de 370,9 milliards.
 
L’analyse de la constitution de réserves obligatoires au cours de la période allant du 16 mai au 15 juin 2022 fait apparaître une situation excédentaire pour les banques de l’Union par rapport au niveau des réserves requises. Les réserves excédentaires des banques sont ressorties à 2.092,2 milliards, soit 203,2 pour cent des réserves requises, contre 2.207,6 milliards ou 216,9 pour cent à la précédente période.
 
Au sujet de la monnaie, il a été noté une progression de la masse monétaire, en rythme annuel, de 13,1 pour cent en mai 2022, contre 13,6 pour cent un mois plus tôt. Cette évolution s'est traduite par un accroissement de 10,3 pour cent de la circulation fiduciaire et une consolidation des dépôts de 14,0 pour cent.
 
La progression de la masse monétaire (+4.989,5 milliards ou +13,1 pour cent) résulte essentiellement de la hausse des créances des institutions de dépôt sur les unités résidentes de 7.570,2 milliards ou +19,7 pour cent, atténuée par la dégradation des actifs extérieurs nets (AEN) de 1.986,1 milliards ou 22,8 pour cent.
 
En glissement annuel, les avoirs extérieurs nets se sont contractés de 1.986,1 milliards ou 22,8 pour cent à fin mai 2022, reflétant la baisse des AEN de la Banque centrale (-1.852,9 milliards) et de ceux des autres institutions de dépôt (-133,2 milliards). En effet, l’allocation de DTS effectuée par le FMI en août 2021 a accru les engagements extérieurs de l’Union dans un contexte où les sorties nettes de ressources vers l’extérieur effectuées par les agents économiques de l’Union ont été importantes (1.948,8 milliards sur la période de juin 2021 à mai 2022).
 
Les réserves de change de la Banque centrale ont baissé, sur un an, de 267,4 milliards pour ressortir à 13.422,0 milliards à fin juin 2022. Ce niveau de réserves assure aux économies de l'Union 5,2 mois d'importations de biens et services contre 5,3 mois plus tôt. Il correspond à un taux de couverture de l'émission monétaire de 77,8 pour cent contre 77,5 pour cent le mois précédent.
 
Du côté des créances intérieures, il a été noté une progression, en glissement annuel, de 19,7 pour cent pour s'établir à 45.944,7 milliards en mai 2022, en liaison avec la hausse des créances nettes sur les administrations publiques centrales (APUC) et des concours à l’économie. La hausse du financement des déficits des États sur le marché régional de la dette, en lien avec les besoins induits par la crise de la Covid-19 et l’exécution de plans de relance, a contribué à accroître les créances nettes des institutions de dépôt sur les administrations publiques centrales. Le rythme de progression de ces créances nettes sur les APUC est demeuré soutenu, ressortant à 33,2 pour cent en mai 2022 contre 32,5 pour cent le mois précédent. En particulier, les concours des banques aux États sous forme d'acquisition de titres publics se sont accrus, en glissement annuel, de 2.565,3 milliards ou 18,0 pour cent, contre 22,4 pour cent un mois plus tôt.
 
Le taux de croissance des créances sur l’économie a enregistré une baisse pour ressortir à 12,5 pour cent contre 14,6 pour cent un mois plus tôt. Toutefois, les crédits accordés aux ménages et aux Institutions Sans But Lucratif au Service des Ménages (ISBLSM) se sont accrus de 11,6 pour cent, après 11,1 pour cent le mois précédent. L’encours des crédits accordés aux entreprises privées a enregistré une hausse de 14,6 pour cent, après l’accroissement de 18,8 pour cent observé un mois plus tôt. Le rythme de progression annuel du financement de l’économie par les banques sous forme d’acquisition de titres de dettes a reculé en s’établissant à 0,3 pour cent en mai 2022 contre 10,9 pour cent en avril 2022.  
 
 
equonet


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