les défenseurs du climat se réjouissent de la décision du financement de la transition vers la production d'énergie verte en afrique, dans le cadre du portefeuille d’investissements de l'ue en afrique


Rédigé le 22 Février 2022 à 16:39 commentaire(s) modifié le 23 Février 2022 10:46


(Equonet-Dakar) - Les défenseurs du climat ont accueilli avec une certaine réserve l'annonce du « Global Gateway » entre l'Union européenne et l'Union Africaine.


À la suite du sommet qui a réuni la semaine dernière l'UE et l'UA, les défenseurs du climat ont accueilli avec une certaine réserve l'annonce du « Global Gateway  » UE-UA, à savoir un portefeuille d'investissements de plus de 150 milliards d'euros, dont une partie est destinée à soutenir une transition équitable vers les énergies vertes et la résilience climatique en Afrique.

Dans un communiqué de presse transmis à equonet, ils ont souligné la nécessité de définir clairement les modalités de financement, les conditions et les délais de mise en œuvre de ces plans. Ces investissements interviennent à un moment où les pays africains subissent de plus en plus fréquemment les effets néfastes de la crise climatique, alors qu'ils sont ceux qui y contribuent le moins.

Le communiqué souligne par ailleurs que les pays développés n'ont pas encore honoré leurs promesses de financement de 100 milliards de dollars par an faites aux pays en développement, qui visent à les aider à s'adapter au changement climatique et à en atténuer les effets.

Landry Ninteretse de 350.org  a affirmé : « Nous saluons l'initiative qui vise à favoriser une transition énergétique équitable en Afrique, en abandonnant les énergies fossiles au profit de solutions énergétiques durables et propres qui répondent également aux besoins des travailleurs qui dépendent des énergies fossiles. }L'Afrique est confrontée à des défis et des priorités très urgents dans le domaine du climat. Le type de mesures dont le continent a besoin en la matière doit contribuer à un développement fondé sur le bien-être des personnes, ainsi qu'à la diversification et à la transformation de l'économie, grâce à des solutions écologiques durables. C’est pourquoi il est crucial de déterminer clairement le montant qui sera consacré à cette transition énergétique, ainsi que les conditions, les plans et les délais concrets de financement, afin de faire en sorte que l'objectif soit effectivement atteint. En outre, au moment où l'UE s'engage à soutenir une transition énergétique verte en Afrique, certains gouvernements de pays membres de l'UE, notamment la France, continuent à soutenir la construction d'infrastructures basées sur les d’énergies fossiles, telles que l'oléoduc d'Afrique de l'Est (EACOP). Cette hypocrisie et ces contradictions doivent cesser ». 

Daouda Gueye du RAPEN, un réseau d'organisations luttant contre l'extraction de charbon et de gaz à Bargny, au Sénégal, a déclaré : « Les plans visant à assurer une transition énergétique verte en Afrique ne devraient pas inclure la construction de nouvelles infrastructures gazières, comme le prévoient certains pays africains. Les projets de certains pays africains visant à remplacer les centrales à charbon, comme celle de Bargny au Sénégal, par des centrales à gaz sont inappropriés et ne serviront qu'à maintenir les Africains dans la dépendance face aux énergies fossiles. Les effets de ces combustibles, qui ont aggravé le réchauffement de la planète, se font sentir sur tout le continent sous forme de conséquences dévastatrices sur le climat. Nous continuerons à lutter ensemble et avec détermination pour demander des comptes à nos gouvernements sur les questions relatives au charbon et au gaz. Les gouvernements africains doivent prendre des mesures pour renoncer à tous les combustibles fossiles polluants, y compris le gaz, et investir massivement dans les énergies propres pour protéger l'environnement et assurer le bien-être des communautés locales ».

Outre la transition énergétique et la résilience climatique en Afrique, le portefeuille d'investissement « Global Gateway » de plus de 150 milliards d'euros vise également à financer l'initiative de la Grande Muraille Verte, qui a pour but de soutenir la reforestation du Sahel et d'améliorer la résilience climatique de la région, afin de permettre aux populations de retrouver des conditions de vie dignes et durables. Parmi les autres domaines d'intervention du programme d'investissement figurent l'éducation, la transition numérique, la santé et les infrastructures. 

Lors du sommet UE-UA qui s'est tenu à Bruxelles, en Belgique, les deux parties se sont engagées à adopter une vision commune pour nouer un " nouveau partenariat " visant à tirer parti des opportunités et à relever les défis immédiats auxquels sont confrontées les deux régions.

equonet


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