note mensuelle de conjoncture économique - juillet 2022 : principales tendances dans les pays développés, émergents et en voie de développement


Rédigé le 28 Juillet 2022 à 20:42 | 0 commentaire(s) modifié le 29 Juillet 2022 14:20


(Equonet-Dakar) - L’activité économique mondiale continue d’être affaiblie par les incertitudes liées à la guerre en Ukraine, le resserrement de la politique monétaire des banques centrales pour contenir les
pressions inflationnistes et les tensions sur les chaînes d'approvisionnement. L’amélioration de la
situation sanitaire en Chine, avec la levée des restrictions, a exercé un effet modérateur.


Aux États-Unis, les signes de ralentissement de l’activité économique se sont maintenus, avec la croissance la plus lente de la production des usines depuis juillet 2020. Les nouvelles commandes ont baissé, en raison des pressions inflationnistes, de la perte de confiance des clients dans les perspectives et des perturbations de la chaîne d'approvisionnement. Dans ce contexte, l’indice des directeurs d’achat (PMI) du secteur manufacturier est ressorti à 52,7 points en juin 2022, après une réalisation de 57,0 points pour le mois de mai 2022. Dans la zone euro, l'activité économique a ralenti en juin 2022 par rapport au mois précédent, en raison de la dégradation de la demande. L’affaiblissement de la demande interne s'explique par la hausse continue des prix qui a découragé les clients à passer leurs commandes. L’indice PMI manufacturier résumant l’essentiel de l’activité du secteur privé est passé de 54,8 points en mai à 52,1 points en juin 2022. L'économie britannique a, de son côté, connu un net ralentissement de sa croissance, en lien avec la baisse de la demande étrangère. Les retombées du Brexit, les perturbations des transports, la guerre d'Ukraine et le ralentissement économique mondial expliquent la faible performance à l’exportation du Royaume-Uni. L'indice des directeurs d’achat du secteur manufacturier a, par conséquent, baissé, en passant de 54,6 points le mois précédent à 52,8 points en juin 2022. Au Japon, la croissance de l'activité industrielle a ralenti, en raison des perturbations de l'offre. L’indice PMI manufacturier est ressorti à 52,7 points en juin 2022, après une réalisation de 53,3 points un mois plus tôt. 

Au niveau des pays émergents, l’activité économique a connu des évolutions divergentes. En Chine, l’activité industrielle a accéléré, en lien avec la levée des restrictions sanitaires et la baisse des cas de Covid-19, ainsi qu’une série de mesures de soutien à l’économie. L'indice des directeurs d’achat du secteur manufacturier s’est établi à 51,7 points, contre 48,1 points en mai 2022. En Inde, l'activité économique a connu un ralentissement de son rythme de progression, avec un indice PMI manufacturier ressortant à 53,9 points en juin 2022 après 54,6 points le mois précédent. En Russie, l’activité s’est légèrement améliorée par rapport au mois précédent. Elle est stimulée par un accroissement de la demande intérieure. L’indicateur PMI manufacturier est ressorti à 50,9 points contre 50,8 points un mois plus tôt. Le rythme d’augmentation de l’économie brésilienne a également ralenti, avec un indice PMI passant de 54,2 points en mai 2022 à 54,1 points en juin 2022. 

En Afrique du Sud, l'activité industrielle a connu une progression, à un rythme moins rapide en juin 2022, en lien avec la poursuite des problèmes de chaîne d'approvisionnement et des coupures d’électricité. En effet, l’indice PMI est passé de 54,8 points en mai 2022 à 52,2 points le mois suivant. Au Nigeria, l'activité économique continue sur son trend baissier, avec l'indice des directeurs d'achat du secteur manufacturier ressortant à 50,9 points contre 53,9 points en mai 2022. Au Ghana, l'indice PMI composite, s’établissant à 48,5 points en juin contre 47,4 points en mai 2022, montre une amélioration de l’activité. 

Les indicateurs de la conjoncture interne, sur la base des données disponibles à fin mai 2022, font ressortir un renforcement de l'activité économique dans les pays de l’UEMOA. En glissement annuel, la production industrielle a augmenté de 5,8% et le chiffre d’affaires du commerce de détail s’est accru de 13,9%. En outre, les prestations des services marchands et financiers ont enregistré des hausses respectives de 12,1% et 12,8%, après des progressions de 8,3% et 12,8% le mois précédent. Dans le secteur des bâtiments et travaux publics (BTP), l'enquête auprès des chefs d'entreprise fait état d'une poursuite de l’amélioration de l'activité, en raison notamment de la conduite de grands chantiers de construction d’infrastructures socioéconomiques dans certains pays de l’Union. 

En revanche, le rythme haussier de l'inflation s’est maintenu dans les pays de l'Union pour ressortir, en glissement annuel, à 7,5% en juin 2022, contre une réalisation de 6,8% le mois précédent. Cette accélération du rythme de progression du niveau général des prix est essentiellement imputable au renchérissement des céréales dans la plupart des pays de l’Union, induit par la baisse de la production céréalière de l’Union au cours de la campagne 2021/2022, ainsi qu’à l’accentuation des difficultés d’approvisionnement des marchés. Elle est également en lien avec l’envolée des cours internationaux des denrées alimentaires importées par l’Union, exacerbées par le conflit russo-ukrainien. 

Au titre de la situation monétaire et financière de l'UEMOA, la politique monétaire de la BCEAO est restée accommodante, depuis le déclenchement de la crise sanitaire, en dépit du léger relèvement des taux directeurs à compter du 16 juin 2022. Les conditions de financement dans les économies de l’UMOA sont demeurées favorables. Le financement des plans de relance des Etats et de l’activité du secteur privé s’est traduit par une croissance soutenue des agrégats monétaires. Sur les guichets des appels d’offres de la Banque Centrale, les injections de liquidité se sont poursuivies au taux fixe de 2,25%. Le taux d'intérêt à une semaine du marché interbancaire est ressorti à 2,55% en juin 2022, en hausse de 22 points de base par rapport à son niveau d’un mois plus tôt. Quant aux taux débiteurs appliqués par les banques aux concours octroyés à leur clientèle, ils ont maintenu la tendance ascendante (6,35% en mai, après 6,31% un mois auparavant et 6,26% un an plutôt).

La masse monétaire a enregistré une progression de 13,1%, en glissement annuel, à fin mai 2022 contre 13,6% un mois plus tôt. La décélération de la masse monétaire est en lien avec le renforcement plus faible des créances intérieures (+19,7% en mai 2022 contre +20,8% en avril 2022) et la poursuite de la tendance baissière des actifs extérieurs nets. Les réserves officielles de change de la Banque Centrale assurent 5,2 mois d’importations de biens et services, contre 5,3 mois en mai 2022. Le taux de couverture de l’émission monétaire se situe à 77,8% contre 77,5% le mois précédent.

Perspectives

Selon les prévisions effectuées par la BCEAO, sur la base des informations disponibles, le PIB réel de l’UEMOA progresserait, en variation annuelle, de 5,2% et 5,6% aux troisième et quatrième trimestres 2022, respectivement. Les performances économiques seraient tirées par la bonne tenue des prestations des services et des activités de commerce.

En ce qui concerne le niveau des prix, sur la proche période, les informations disponibles font état d’un maintien du rythme de progression du taux d'inflation, en glissement annuel, à 7,4% en juillet et 7,0% en août 2022. La hausse des prix serait en lien avec les répercussions attendues de la hausse des cours mondiaux des produits pétroliers et alimentaires, ainsi que l’impact de la période de soudure dans les pays sahéliens. Les mesures prises par les États et les actions de la BCEAO pourraient imprimer une décélération des pressions inflationnistes.

Source : BCEAO
equonet


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