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Entretien d’Equonet avec Arai Tatsuo, ambassadeur du japon au Sénégal


Rédigé le 7 Juin 2021 à 17:41 | 0 commentaire(s) modifié le 8 Juin 2021 - 23:46

Massamba Ndakhté Gaye
Ndakhté M. GAYE est un rédacteur de contenu web et spécialiste des relations médias avec plusieurs... En savoir plus sur cet auteur

(Equonet-Dakar) – Financé par le gouvernement du Japon, la construction de l'usine de dessalement de l'eau de mer aux Mamelles et la fabrication de pirogues en fibre de verre sont deux projets à impact économique et social certain pour les bénéficiaires. Arai Tatsuo, ambassadeur du japon au Sénégal, fait le point sur l’état d’avancement et les risques sanitaires de l’usine dans un entretien accordé à equonet.
Concernant la fabrication de pirogues en fibre de verre, le diplomate japonais parle de leur nombre et l’entreprise fabricante, l'efficacité en termes de viabilité et de sécurité, les pêcheurs associés à ce projet de fabrication et leur degré d'adhésion et d’engagement.


1) Quel est l'état d'avancement du projet de construction de l'usine de dessalement de l'eau de mer aux Mamelles ?
 
La demande en eau à Dakar augmente rapidement avec l'expansion démographique, et l'approvisionnement actuel ne peut répondre à la demande quotidienne maximale. Le « Projet de construction de l’usine de dessalement de l’eau de mer aux Mamelles » prévoit la construction d'une usine de dessalement d'eau de mer à Dakar, ainsi que l'amélioration du réseau de canalisations urbaines, visant ainsi à renforcer la capacité de production d'eau potable, grâce à la diversification des sources d'eau potable et à assurer l’accès à une eau de qualité et en quantité suffisante pour le plus grand nombre d’habitants. Cela constitue un des piliers de la sécurité humaine. L’Echange de Notes et l’Accord de Prêt d’un montant d’environ 137 milliards de FCFA ont été signés le 15 novembre 2016.

Ce projet se compose de 6 lots de travaux : 1) travaux de construction de l’usine de dessalement (lot 1), 2) travaux de construction d’une nouvelle conduite principale de distribution d’eau potable (lot 2), 3) et 4) travaux de renouvellement des conduites existantes de distribution d’eau potable (lot 3 et lot 4), 5) travaux de fourniture et d’installation d’équipement des mesures et de télégestion (lot 5), et 6) le renouvellement des branchements au service, connectés à partir des conduites à changer. La cérémonie de lancement des travaux du lot 2 à laquelle j’ai eu le grand plaisir de participer avec S.E.M. Serigne Mbaye THIAM, Ministre de l’Eau et de l’Assainissement, s’est tenue le 17 septembre 2020.

 Les procédures de passation des marchés, dont celle pour la construction de l’usine sont en cours. Elles sont mises en œuvre par la SONES en collaboration avec la JICA, agence japonaise de coopération internationale. Suite au lancement des travaux de construction du nouveau réseau de distribution d’eau potable (lot 2) en septembre 2020, on attend le lancement séquentiel des autres travaux.

2) Quel est l'impact économique et social de ce projet ?
 
La capacité de production de l’usine de dessalement de l'eau de mer aux Mamelles est de 50.000 m3 par jour, extensible à 100.000 m3 par jour avec une éventuelle extension de l’unité dans le futur. Cet établissement permettra le renforcement de la capacité d’approvisionnement et la diversification des sources d'eau potable dans la métropole dakaroise, et contribuera ainsi à l’amélioration de la qualité de vie et au développement durable du Sénégal.

La population de la région de Dakar est d’environ 3,1 millions, soit plus de 20 % de la population totale du Sénégal sur une superficie uniquement de 0,3% de celle du pays. De plus, environ 80 % des activités industrielles se concentrent dans cette région métropolitaine.

Les infrastructures économiques et sociales dans la région de Dakar aménagées au début des années 1980 ne correspondent pas suffisamment aux besoins qui ne cessent d’augmenter avec la croissance démographique.

Quand on regarde les sources d’eau potable dans la région de Dakar, les usines de traitement d’eau existantes connaissent des problèmes tels que des pannes sur le réseau de distribution d’eau, générant de mauvais effets sur la vie quotidienne des populations et les activités économiques locales. Quant à l’eau souterraine, on constate un pompage excessif par les forages, et l’utilisation maîtrisée sera nécessaire à moyen et long terme. Le renforcement des capacités d’approvisionnement par la diversification des sources d'eau potable est ainsi d’une grande urgence.

En outre, on constate également des fuites d’eau assez graves en raison de la vétusté des conduites d’eau. Par exemple, dans la Zone de Dakar 1, qui se situe au centre de la région de Dakar, presque 40 % des conduites d’eau ont été installées il y a plus de 40 ans, le taux de l’« eau non génératrice de revenus » atteint environ 27 %, ce taux étant le plus haut dans la région. Le renforcement et la sécurisation de la capacité de distribution de l’eau est ainsi un autre objectif à atteindre.

Le projet de construction de l’usine de dessalement de l’eau de mer aux Mamelles financé par le Gouvernement du Japon répondra à tous ces besoins économiques et sociaux du peuple sénégalais.

3) Quels sont les risques sanitaires de ce projet ?
 
Ce projet vise à améliorer l’accès à une eau de qualité et en quantité suffisante pour le plus grand nombre d’habitants. Nous prévoyons de nombreux avantages sanitaires grâce à ce projet, mais pas de risques spécifiques.

Entretien d’Equonet avec Arai Tatsuo, ambassadeur du japon au Sénégal
4) A propos de la fabrication de pirogues en fibre de verre, où en êtes-vous ?

Le 25 mai 2021, j’ai procédé, avec S.E.M. Amadou HOTT, Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération, à la signature de l’Echange de Notes concernant le Programme de Développement Economique et Social dans le cadre de l’aide non-remboursable. Cette subvention d’un montant d’environ un milliard 500 millions de FCFA est destinée à la fabrication de pirogues en fibre de verre.

Au Sénégal, la plupart des pirogues (plus de 22.000 enregistrées) sont en bois, et les pêcheurs font face ainsi aux différents défis tels que la difficulté de se conformer aux normes qualitatives ou sanitaires d’animaux marins capturés, et les accidents maritimes en raison du manque de résistance et de sécurité de leurs pirogues.

Le Gouvernement du Sénégal a mis en œuvre un programme ambitieux de sécurisation et de modernisation de la pêche artisanale, dont l’un des principaux axes est le remplacement des pirogues en bois par des pirogues en fibre de verre, sur l’initiative du Ministère des Pêches et de l’Economie maritime, et basé sur la Lettre Sectorielle de Développement de la Pêche et de l’Aquaculture (LPSDPA) dans le cadre du Plan Sénégal Emergent (PSE).

Le Programme de l’aide non-remboursable du Japon vise à soutenir ces efforts du Gouvernement du Sénégal pour le remplacement des pirogues en bois par des pirogues en fibre de verre, afin de contribuer à l’amélioration des conditions de travail des pêcheurs et au développement durable de l’industrie de la pêche au Sénégal.
 
5) Combien comptez-vous en fabriquer ? Quelles sont les entreprises chargées de la fabrication ?
 
  Dans le cadre de ce Programme, le Gouvernement du Japon assure l’approvisionnement des pirogues en fibre de verre et les fournit au Gouvernement du Sénégal, mais ne s’implique pas dans le processus de leur fabrication.

Le montant de la subvention est d’environ un milliard 500 millions de FCFA, mais le nombre à fournir devrait varier selon les normes ou types des pirogues en fibre de verre disponibles. Par exemple, quand on fournit des pirogues en fibre de verre équivalent à environ 6 millions de FCFA par unité, le nombre maximal avoisinera les 250, même s’il faut tenir compte des frais divers pour l’approvisionnement.

Ce Programme prévoit l’approvisionnement à l’intérieur du Sénégal. La procédure concrète se passera par l’appel à l’offre, mais comme il existe à Dakar une usine de fabrication de pirogues en fibre de verre dirigée par le groupe CFAO qui a déjà l’expérience en fabrication locale, nous voyons ce groupe comme le fournisseur probable pour ce Programme.

Entretien d’Equonet avec Arai Tatsuo, ambassadeur du japon au Sénégal
6) Quelle est l'efficacité en termes de viabilité et de sécurité ? 

La fibre de verre a des caractéristiques avantageuses : elle ne s'oxyde pas, ne moisit pas, et ainsi ne pourrit pas et ne rouille pas non plus, et détient suffisamment de résistance à la salinité. Un autre avantage non négligeable est leur durée de vie qui est de trente ans, laissant la possibilité d’utilisation à plus long terme avec une maintenance adéquate. Si on compare avec les pirogues en bois dont la durée de vie est entre 4 et 7 ans en général, on peut comprendre que celles en fibre de verre sont plus économiques et ont un impact très positif sur l’environnement en évitant la déforestation, d’autant plus qu’elles consomment moins de carburant.

En plus, les pirogues en fibre de verre sont réputées pour leur stabilité et leur insubmersibilité, et offrent une plus grande sécurité aux pêcheurs surtout en haute mer. Etant donné que de nombreux accidents maritimes enregistrés au Sénégal ont été provoqués par le manque de résistance et de stabilité des pirogues artisanales, leur remplacement par celles en fibre de verre est une tâche urgente même du point de vue humanitaire.

Je souhaiterais souligner qu’il est également important d’aménager le cadre juridique pour réaliser la généralisation des pirogues en fibre de verre conformes aux normes sécuritaires. La JICA fait ainsi des efforts pour le renforcement de la capacité juridique du Gouvernement sénégalais à cette fin, en offrant la formation nécessaire au Japon aux fonctionnaires concernés.
 
7) J'imagine que ces pirogues sont destinées aux pêcheurs sénégalais. Est-ce que ces derniers sont associés à ce projet de fabrication et quel est leur degré d'adhésion et d’engagement ?
 
Comme je viens de l’évoquer, le Gouvernement du Japon assure l’approvisionnement des pirogues en fibre de verre et les fournit au Gouvernement du Sénégal, mais ne s’implique pas dans le processus de leur fabrication.

Cependant, à notre connaissance, la fabrication locale des pirogues en fibre de verre est planifiée et se réalise en tenant compte des besoins et des demandes réelles des pêcheurs sénégalais. Nous croyons ainsi que les pêcheurs bénéficieront largement de la fabrication locale de ces pirogues et de la fourniture de ces dernières dans le cadre du Programme du Gouvernement du Japon.   
 



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