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Feuille de route franco-sénégalaise pour l’émergence du Sénégal


Rédigé le 22 Novembre 2019 à 16:27 | 0 commentaire(s) modifié le 23 Novembre 2019 - 20:54


(Equonet-Dakar) – Dans le cadre du séminaire intergouvernemental franco-sénégalais du 17 novembre 2019, Dakar, les deux Etats ont élaboré et publié une feuille de route franco-sénégalaise pour l’émergence du Sénégal. Equonet reprend pour ses lecteurs l’intégralité de son contenu.


La feuille de route émergence du Sénégal prend pour cadre le Plan Sénégal Emergent défini par le Gouvernement du Sénégal et notamment son premier axe stratégique «Transformation structurelle de l’économie et croissance». Deux ans après la tenue du dernier Séminaire intergouvernemental, les orientations annoncées ont été largement mises en oeuvre. Conformément à la deuxième phase du Plan Sénégal émergent, notre coopération sera renforcée en appui au secteur privé, avec un focus lié à la Responsabilité sociale des entreprises, et, dans la perspective du Sommet Afrique France de juin 2020, centré sur la ville durable.
 
I. La France soutient le Sénégal dans sa politique d’émergence à l’horizon 2035 en s’engageant aux côtés de l’Etat et du secteur privé sénégalais
 
Le Gouvernement du Sénégal a fait le choix de structurer son action pour la période 2019-2023 au sein du Plan Sénégal Emergent. La France soutient cette initiative, comme elle l’a montré lors de la dernière Conférence des bailleurs qui s’est tenue à Paris en décembre 2018. La France apportera une contribution à hauteur de 1,5 milliards d’euros, dont 250 millions de financements de l’AFD, représentant un quadruplement de ses interventions, et positionnant la France comme premier bailleur bilatéral du Sénégal. Un nouveau Prêt de Politique Publique de 50 millions d’euros sur la gouvernance financière viendra compléter ce dispositif sur 2019-2020.
 
La mobilisation du secteur privé restera le second volet structurant de l’objectif de cette feuille de route. Plusieurs actions fortes comme le Programme d’Appui aux Initiatives de Solidarité pour le Développement (PAISD) (instrument visant le développement d’outils financiers à destination de la Diaspora), le programme de mise à niveau des entreprises AFD-UE ou encore les lignes de crédit et outils de garantie mis à disposition par l’Agence française de Développement contribuent à faire émerger le secteur privé comme un acteur clé du développement.
A cet égard, le lancement de l’Initiative « Choose Africa », en mars 2019, à l’occasion de la visite du ministre français de l’Economie et des Finances a permis de concrétiser l’engagement pris par le Président Emmanuel Macron d’accompagner l’entrepreneuriat et l’innovation en Afrique à hauteur de 2,5Md€ (1Md€ d’equity et 1,5Md€ de prêts). A travers cette feuille de route, le Sénégal et la France s’engagent à pérenniser et opérationnaliser cette initiative et annoncent la tenue des premiers ateliers « Choose Africa », à Dakar dès janvier 2020.  
 
II. La réussite du TER de Dakar, projet au coeur de la coopération bilatérale dans le domaine de la mobilité
Le Train express régional de Dakar restera un projet prioritaire de la coopération bilatérale pour un système de transport public moderne, une mobilité durable et la création d’emplois locaux.
Un Comité bilatéral de suivi du TER a été mis en place entre les ministères des Finances des deux parties. Il s’est réuni 5 fois depuis octobre 2017 et a contribué à répondre à la demande des autorités sénégalaises d’une inauguration le 14 janvier 2019. Aujourd’hui premier bailleur du projet, avec 310 M EUR de financements directs, la France poursuivra son engagement financier pour en faire une vitrine de l’émergence du Sénégal.
Les deux Parties expriment à cet effet le souhait de poursuivre leur action commune, déjà engagée, sur les plans techniques et financiers du projet, comme elles en sont convenues par une Lettre d’intention qu’elles ont adoptée ce jour sur le projet de TER de Dakar.
 
Le TER de Dakar n’est que la première pierre d’un système intégré de transports urbains et les deux Parties s’engagent, à travers cette nouvelle feuille de route, à développer les collaborations dans ce secteur stratégique. L’AFD participera aux financements de deux projets structurants : i) la création d’un « cluster mobilités », qui permettra de valoriser l’expertise française sur les métiers du transport, de la logistique et du ferroviaire tout en répondant efficacement aux besoins du Sénégal en matière de formation professionnelle, et ii) la restructuration du réseau de bus alimentant les axes structurants du TER et du BRT.
 
III. Cinq secteurs prioritaires ont vocation à devenir des modèles de notre coopération bilatérale
 
Les deux parties poursuivront leur coopération en faveur du développement urbain intégré, avec le soutien notamment de l’AFD, en particulier dans le cadre du programme de développement touristique de la ville de Saint-Louis, des projets de gestion intégrée des risques d'inondation dans la banlieue de Pikine ou encore de l’élaboration, en cours, d’un Plan de Mobilité Urbaine Soutenable avec la ville de Dakar. Gestion de l’eau, des déchets, efficacité énergétique ou mobilités intelligentes continueront, en tant que fondamentaux pour la construction des villes de demain, à être au coeur du partenariat bilatéral. Preuve de l’intérêt du secteur privé pour cette thématique, un réseau franco-sénégalais des entreprises de la ville durable s’est constitué en 2019. Il favorisera l’émergence de l’écosystème local et le dialogue de part et d’autre avec les autorités, dans le cadre de la préparation du Sommet Afrique-France de 2020.
 
La partie sénégalaise souhaiterait, également, bénéficier de l’accompagnement de la partie française pour la réalisation de ses projets tels que le « Sénégal Vert » sur la reforestation et l’amélioration du cadre de vie en milieu urbain.
 
Les deux parties saluent la labellisation des communautés « French Tech Dakar » et « Teranga Tech » et s’engagent à poursuivre la coopération dans le secteur du numérique, reconnu comme un facteur clé du dynamisme économique sénégalais et d’intégration des jeunes sur le marché de l’emploi. L’AFD restera fortement mobilisée à travers ses programmes « Afric’Innov » (programme régional visant à accompagner un réseau d’incubateurs partenaires dont le CTIC au Sénégal) et « Digital Africa » (programme d’accélération pour des startups lauréates).
 
Le Sénégal et la France s’accordent, aussi, à mettre en perspective le développement de l’Economie numérique (Start up numériques) et l’accompagnement de la France pour l’accélération de la transformation digitale des administrations ainsi que le renforcement de la dématérialisation des procédures administratives.
 
Le secteur agroalimentaire a connu, depuis 2017, des transformations profondes avec le développement des premiers réseaux de grande distribution. Le Sénégal et la France encourageront la structuration des filières, qui devra mettre l’accent sur la diversification, la valorisation et la transformation des produits locaux, préalables indispensables pour générer de la valeur et de l’emploi au Sénégal.
 
Par ailleurs, le programme « Tiers Sud », qui participe à la dynamisation des filières locales structurées comme le riz la banane, ou en voie de l’être comme le maïs et le lait, soutiendra la commercialisation de ces produits en faveur de la nutrition par la mise en place d’un dispositif cohérent et mutuellement bénéfique entre les agriculteurs, éleveurs et les industriels évoluant dans la transformation de ces produits.
 
La partie sénégalaise souhaiterait coopérer dans les domaines suivants :
 La maitrise de l’eau par la réalisation d’aménagements hydro agricoles au Nord et au Sud du pays, afin de pouvoir renforcer la résilience à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle des populations ;
 La recherche agronomique par le renforcement de la collaboration entre l’ISRA et les centres de recherche français comme le CIRAD et l’IRD ;
 La mise à disposition et la diffusion d’innovations technologiques plus adaptées aux changements climatiques ;
 La formation professionnelle dans les métiers agricoles.
 
Les deux parties reconnaissent l’importance du développement des petites et moyennes entreprises et conviennent de renforcer leur coopération dans les domaines de l’accès au financement et leur mise à niveau, dans le cadre du programme « Développer l’Emploi » de l’Union Européenne et mis en oeuvre par l’AFD.
 
La France et le Sénégal reconnaissent, aussi, le besoin d’accroitre l’accès aux marchés des entreprises sénégalaises, en saisissant les opportunités offertes par les dispositifs de préférence commerciale et les dérogations offertes dans le cadre de l’Organisation Mondiale du Commerce. A cet égard, la France soutiendra le Sénégal dans l’élaboration et la mise en oeuvre de stratégies de pénétration des marchés extérieurs et d’appui au développement à l’international des entreprises.
 
Le secteur du tourisme a mobilisé toute la diversité des outils de coopération entre les deux pays : appui au secteur privé du groupe AFD pour des projets hôteliers et de mise en valeur des zones touristiques, partenariat technique entre la Casamance et la région Grand-Est pour l’élaboration d’une stratégie de marketing territorial et appui industriel et financier de la France à la création du nouveau pavillon national Air Sénégal. Les deux parties poursuivront cette coopération en mettant l’accent sur le tourisme durable.
 
Les deux pays procéderont à la finalisation de l’Accord et les garanties de financement de l’Airbus A330 néo d’Air Sénégal SA.
 
Enfin, le Sénégal et la France continueront de coopérer dans le domaine des énergies pour soutenir le projet d’indépendance énergétique porté par le Sénégal, en mobilisant l’expertise française, notamment dans le secteur des énergies renouvelables. La réduction des coûts de l’énergie et la sécurisation des infrastructures énergétiques permettront d’achever l’électrification du pays. Les engagements pris à l’occasion du dernier Séminaire ont été largement tenus, qu’il s’agisse du développement des énergies conventionnelles, à travers le soutien de Total à l’INPG, de l’appui à la gestion intelligente des réseaux, tel que mis en oeuvre dans le programme smart-grid de la SENELEC soutenu par l’AFD, de la construction et de l’exploitation de deux centrales solaires avec un tarif d’achat d’électricité très compétitif via un prêt de Proparco au consortium Meridiam/Engie/Fonsis ou encore des initiatives hors-réseau, telles que le financement par la France de 50 000 candélabres solaires autonomes pour l’ANER.
 
La France et le Sénégal s’engagent à maintenir les coopérations dans ce domaine stratégique en accentuant les programmes à destination des zones non interconnectées. Plusieurs projets seront mis en oeuvre à l’issue de ce Séminaire : une ligne haute tension viendra alimenter la région du Ferlo, 15 000 lampadaires solaires supplémentaires seront mis à disposition des villes non connectées au Sénégal et l’AFD engagera avec la SENELEC des discussions pour le déploiement de mini-grids solaires en zone rurale.
 
IV. Dimension transversale de cette feuille de route, la résilience face au changement climatique sera systématiquement prise en compte
 
Le Sénégal et la France sont considérés comme des champions mondiaux en matière de lutte contre le changement climatique et de protection de l’environnement. Cette nouvelle feuille de route place ces enjeux globaux au coeur des collaborations entre les deux pays. La mise en oeuvre de deux projets phares sera poursuivie : i) le projet de lutte contre l’érosion côtière et de préservation des aires marines protégées à Saint Louis ; ii) la signature d’un partenariat entre le Sénégal et la France pour contribuer à faire du prochain Forum mondial de l’eau, à Dakar en 2021, un moment fort de la gestion durable de la ressource en eau.
 
Les deux parties souhaitent entamer des discussions franches pour un partenariat dans le cadre des projets suivants :
 
 Projet relatif au nouveau Programme d’Appui aux Communes et aux Agglomérations du Sénégal (PACASEN) rural ;
 L’Initiative « Choose Africa» à travers des projets privés innovants et créateurs d’emplois, en partenariat avec le FONSIS ;
 L’intégration d’une dimension Agriculture et Pêche avec des projets innovants.
 
La France et le Sénégal souhaitent poursuivre la coopération décentralisée entre les deux pays, à travers le renforcement du dispositif conjoint déjà existant entre les collectivités territoriales françaises et sénégalaises.

La partie sénégalaise souhaiterait, également, intégrer la promotion de l’approche du Développement communautaire qui vise la responsabilisation totale des populations à la base dans la conception et la mise en oeuvre des actions de développement.
Equonet



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