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Inclusion financière-Demande de monnaie : stabilité dans l’Uemoa et hétérogénéité dans ses pays membres


Rédigé le 31 Janvier 2021 à 17:21 commentaire(s) modifié le 1 Février 2021 - 17:46

Massamba Ndakhté Gaye
Ndakhté M. GAYE est un journaliste d'investigation engagé dans le suivi citoyen des obligations... En savoir plus sur cet auteur

(Equonet-Dakar) – Une étude sur la demande de monnaie en lien avec l’inclusion financière montre une stabilité dans l’Uemoa et une hétérogénéité dans ses pays membres.


Effets de l’inclusion financière sur la stabilité de la demande de monnaie dans l’Uemoa. C’est le thème d’une étude menée par Mahamadou Diarra, maître de conférences agrégé en Sciences économiques à l’Université Norbert Zongo de Koudougou (Burkina Faso) et Rabiou Ali, enseignant vacataire à la faculté des Sciences économiques et de gestion (Fseg) de l’Université Abdou Moumouni de Niamey.

Dans cette étude, ces deux universitaires évaluent la stabilité de la demande de monnaie dans l'Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) au regard des progrès réalisés dans les développements des services financiers décentralisés (Sfd). Dans le contexte d'inclusion financière croissante, l'évolution de la masse monétaire contiendrait des informations utiles à la prévision et donc à la mise en œuvre de la politique monétaire de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (Bceao).

Leur analyse de la stabilité de la demande de monnaie en lien avec cette importante évolution de l’inclusion financière fait ressortir trois principales observations en distinguant les effets de long terme communs à l’Uemoa et les effets de court terme spécifiques à chaque pays.

«D’abord, à l’échelle de l’Union monétaire, à long terme et quel que soit l’indicateur de mesure de l’inclusion financière, il semble que la demande de monnaie est stable», font-ils observer dans un article publié à la revue économique et financière publiée en décembre 2020 par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (Bceao).

«A l’échelle de l’Union monétaire, les effets de court terme de la stabilité de la demande de monnaie semblent être conformes aux attentes des principaux canaux de transmission tels que soulignés par la littérature : les effets-revenu sont positifs et significatifs et les effets-prix sont négatifs et significatifs dus à la détérioration du pouvoir d’achat du fait de l’inflation. Par ailleurs, l’inclusion financière semble avoir un effet positif et significatif sur la demande de monnaie», expliquent-ils.

«Enfin, à l’échelle de chaque pays, à court terme, les résultats semblent mettre en évidence une hétérogénéité remarquable de l’effet de l’inclusion financière sur la stabilité de la demande de monnaie. Quel que soit l’indicateur de mesure de l’inclusion financière retenu, la Côte d’ivoire, la Guinée-Bissau et le Niger (dans une certaine mesure) semblent présenter des demandes de monnaie stables, alors qu’au Bénin, au Burkina Faso et au Togo, la demande de monnaie semble être instable à court terme. La demande de monnaie semble être plus instable au Mali et au Sénégal ; la stabilité ayant été observé dans le premier pays lorsque la variable de contrôle est la dimension ‘’utilisation’’ de l’inclusion financière, et dans le second pays, lorsque celle-ci est contrôlée par la dimension composite de l’inclusion financière», font-ils remarquer.

Ces auteurs font savoir que la portée analytique de cette recherche de l’effet du développement de l’inclusion financière sur la demande de monnaie pourrait être relativisée du fait des limites relatives notamment à la qualité des variables de contrôle de l’inclusion financière et leurs temporalités.
«En tout état de cause, ces limites constituent autant d’opportunités pour un approfondissement de l’analyse de la portée de la politique de l’inclusion financière dans chaque pays de l’Uemoa», soulignent-ils.

«Enfin, de nouvelles pistes de recherche pourraient être explorées en analysant notamment les effets différenciés de l'inclusion financière sur les autres agrégats monétaires et les orientations de la politique monétaire commune de la Bceao dans un contexte de stabilité globale de la demande de la monnaie avec des cas d'instabilité de cette demande pour des Etats membres de l'Union», indiquent-ils.

En savoir plus : https://cofeb.bceao.int/actualite/mise-en-ligne-du-28e-numero-de-la-revue-economique-et-monetaire-rem


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