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Mali : vers la création d’agropoles ou zones spéciales de transformation agro-alimentaire


Rédigé le 23 Avril 2021 à 11:10 | 0 commentaire(s) modifié le 26 Avril 2021 - 01:12

Massamba Ndakhté Gaye
Ndakhté M. GAYE est un journaliste économique professionnel et chercheur dans le secteur des... En savoir plus sur cet auteur

(Equonet-Dakar) – Des agropoles ou zones spéciales de transformation agro-alimentaire seront créées dans les grands bassins de production de Ségou, San, Koulikoro et Sikasso.


Le Mali va créer des agropoles ou zones spéciales de transformation agro-alimentaire (ZSTA) dans les grands bassins de production des régions de Ségou et San (zones de conflits) et Koulikoro et Sikasso (zones d’insécurité) pour mieux valoriser ses investissements passés, créer plus de valeur ajoutée et d’emplois décents et durables en faveur des femmes et des jeunes.
 
Selon le Document de stratégie-pays (DSP 2021-2025) publié le 19 avril, la Banque africaine de développement appuiera ce projet qui devrait ainsi connaître une hausse du nombre de PME-PMI créées dans les chaînes de valeur agricoles, de cinq en 2021 à vingt en 2025. La proportion d’emplois féminins (directs et indirects) créés, jusqu’ici insignifiante, devrait atteindre 35% dans ces chaînes de valeur en 2025.
 
L’intervention de la Banque devrait permettre également d’améliorer les infrastructures d’appui aux chaînes de valeur agricoles. Des investissements seront ciblés vers des infrastructures telles que l’aménagement de trois zones spéciales à Bamako, Ségou et San et la construction de 25 centres de transformation agricole dans les grands bassins de production ruraux.
 
Sur la période, la part du secteur agro-alimentaire dans le produit intérieur brut devrait grimper de 3,3% à 5%, le temps de passage d’un camion de marchandises à la frontière entre la Côte d’Ivoire et le Mali devrait chuter de 24h à seulement 3h, le taux d’accès national à l’électricité devrait augmenter de 50% à 65% et de 21,1% à 31% en milieu rural.
 
La contribution des énergies renouvelables dans la fourniture totale d’énergie est attendue en hausse, de 23,3% à 35,5% entre 2021 et 2025. Quelque 130 postes seront créés pour les femmes dans les projets d’énergie en 2025 (contre zéro en 2021), les emplois créés dans les transports seront en forte augmentation pour les jeunes (de 0% à 80%) et pour les femmes (de 0% à 10%).
 
Deux domaines transversaux feront l’objet d’un soutien spécifique de la Banque africaine de développement. D’une part, grâce à un appui institutionnel et budgétaire, il s’agit de l’amélioration de la gouvernance, de la réduction de la corruption et de l’amélioration de la mobilisation des ressources internes avec un taux de pression fiscale passant de 13,3% à 15% du PIB entre 2021 et 2025. D’autre part, il vise au développement du secteur privé, de l’égalité de genre, des femmes, des jeunes et de la société civile. La Banque augmentera la part de son portefeuille allouée au secteur privé de 8,56% à 29,72% du programme de prêts 2021-2025, pour une croissance économique plus inclusive.
 
Le changement climatique étant devenu un facteur de fragilité extrême au Mali, le DSP 2021-2025 en fait un défi majeur à prendre en compte dans toutes les opérations de la Banque.
 
«Dans cette période critique où le pays fait face à un triple défi sécuritaire, politique et sanitaire, la mise en œuvre du DSP 2021-2025 permettra d’accompagner le Mali dans ses efforts pour accélérer la relance économique post-Covid-19 et réduire la fragilité économique à travers des chaînes de valeur agricoles améliorées», a indiqué Adalbert Nshimyumuremyi, responsable pays de la Banque africaine de développement au Mali.
 
Confronté à des défis sécuritaires et sanitaires, le Mali doit faire également face à une faiblesse des chaînes de valeur agricoles et à un faible développement de ses infrastructures de transport et d’énergie. Afin de combler ce déficit, le pays pourra compter sur le soutien de la Banque africaine de développement sur la période 2021-2025.
 
Le 31 décembre 2020, le portefeuille de la Banque africaine de développement au Mali comptait 25 opérations pour un montant total de 488,6 milliards de francs CFA (745,9 millions d’euros). La ventilation du portefeuille est la suivante : transport routier (29,66%), agriculture (28,02%), gouvernance (11,33%), énergie (10,01%), secteur privé-industrie (8,56%), eau et assainissement (8,36%), et autres secteurs comme le changement climatique et le développement social (4,06%).
 



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