Connectez-vous S'inscrire

Plombée par une conjoncture internationale incertaine, la croissance en Afrique subsaharienne continue de fléchir


Rédigé le 10 Octobre 2019 à 14:44 | 0 commentaire(s) modifié le 11 Octobre 2019 - 13:23


(Equonet-Dakar) - La croissance en Afrique subsaharienne ne parvient pas à décoller en 2019, freinée par les incertitudes persistantes de l’économie mondiale et des réformes intérieures qui marquent le pas, selon la 20e édition d’Africa’s Pulse, le rapport semestriel de la Banque mondiale consacré à la conjoncture économique africaine. Les initiatives en faveur de l’autonomisation des populations pauvres et des femmes sont primordiales pour progresser


Globalement, la croissance devrait ressortir à 2,6 % en 2019, contre 2,5 % l’année précédente, une performance inférieure de 0,2 point de pourcentage aux prévisions d’avril. Le rapport consacre deux volets spéciaux à l’accélération de la réduction de la pauvreté et à la promotion de l’autonomisation des femmes.

«L’inclusion des femmesest un élément clé pour stimuler la croissance. Les décideurs africains sont confrontés à un choix crucial : poursuivre les politiques actuelles ou prendre des mesures volontaristes pour favoriser une économie plus inclusive, souligne Hafez Ghanem, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique. Après plusieurs années de croissance décevante, la réduction de l’inégalité des chances dont sont victimes les femmes s’impose comme une solution évidente pour progresser.»
 
L’Afrique n’est pas le seul continent àpâtir de laconjoncture internationale incertaine. Les prévisions pour 2019 sont encore plus mauvaises pour le Maghreb et le Moyen-Orient, l’Amérique latine et les Caraïbes ainsi que l’Asie du Sud oùd'autres économiesémergentes et en développement revoient leurs perspectives à la baisse.
 
Au-delà des moyennes régionales, le bilan est mitigé : la reprise dans les trois plus grandes économies de la région — Nigéria, Afrique du Sud et Angola — reste timide et assombrit les perspectives régionales. Au Nigéria, le secteur non pétrolier manque de dynamisme tandis qu’en Angola, c’est le secteur pétrolier qui peine à progresser. En Afrique du Sud, une certaine défiance des investisseurs pénalise l’activité.
  
Exception faite de ces trois pays, la croissance devrait rester robuste dans le reste du sous-continent, malgré un ralentissement dans plusieurs pays. Le rythme moyen des pays pauvres en ressources devrait se tasser, conséquence des cyclones tropicaux ayant frappé le Mozambique et le Zimbabwe, de l’incertitude politique au Soudan, du recul des exportations agricoles au Kenya et des mesures d’assainissement budgétaire au Sénégal.
 
Dans les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale, riches en ressources, l’activité devrait croître à un rythme modéré à la faveur d’une hausse de la production de pétrole. Les pays exportateurs de métaux doivent s’attendre à un fléchissement, lié au ralentissement de l’activité minière et au repli des cours de minerais.
 
«Les économies africaines subissent elles aussi les contrecoups de la conjoncture internationale, ce qui se traduit par une croissance modérée dans l’ensemble de la région, indique Albert Zeufack, économiste en chef de la Banque mondiale pour l’Afrique. Dans le même temps, la faiblesse de la croissance dans les pays d’Afrique est clairement corrélée à la faiblesse de gouvernance et, les responsables publics et les citoyens doivent placer la transparence et l’efficacité des institutions au cœur de leurs priorités.»
 
Accélération de la réduction de la pauvreté et autonomisation des femmes
 
En 2015, quatre Africains sur dix, soit plus de 416 millions d’individus, survivaient avec moins de 1,90 dollar par jour. Faute d’initiatives d’envergure pour créer des débouchés économiques et atténuer les risques pour les pauvres, l’extrême pauvreté va devenir un phénomène presque exclusivement africain à l’horizon 2030. Selon le rapport Africa’s Pulse, la lutte contre la pauvreté doit donner aux pauvres les moyens d’agir et s’attacher à accélérer la transition démographique et la baisse des taux de fécondité, à mieux tirer parti du système alimentaire en valorisant l'agriculture et en développant les activités rurales non agricoles, à s’atteler aux facteurs de risque et de conflit et, enfin, à augmenter et optimiser l’allocation de fonds publics pour améliorer le quotidien des plus vulnérables. La résorption des inégalités entre les hommes et les femmes en matière de santé, d’éducation, d’autonomie et d’emploi sera essentielle.
 
L’Afrique subsaharienne est la seule région du monde pouvant se targuer d’avoir plus de femmes au profil entrepreneurial que d’hommes, sachant que les Africaines jouent un rôle clé dans l’agriculture sur le continent. Mais les écarts de salaire importants et persistants entre les sexes étouffent cette singularité : en Afrique subsaharienne, les agricultrices produisent 33 % de moins par hectare que les agriculteurs et les entrepreneures ou cheffes d’entreprise gagnent 34 % de moins que leurs homologues masculins.
 
Ces écarts de rémunération coûtent excessivement cher à la population et aux économies d’Afrique. Le rapport Africa’s Pulse identifie six leviers politiques pour assurer l’autonomisation économique des femmes : 1. renforcer leurs compétences au-delà des formations traditionnelles ; 2. lever les contraintes financières par des solutions novatrices qui résolvent la question du nantissement et améliorent l’accès au secteur financier ; 3. les aider à faire valoir leurs droits fonciers ; 4. les rapprocher du monde du travail ; 5. s’attaquer aux normes sociales qui entravent leurs perspectives professionnelles ; et 6. préparer une nouvelle génération solide en aidant les adolescentes à franchir sans heurts cette étape de leur vie.
Equonet



Actualité | Economie | Finance | Technologie | Social | Environnement | EquoSports | Contribution | Décrets | Bon à savoir | Donneurs | Conseil des Ministres | Nominations | Actu d'Afrique | Actu d'Europe | Appels d'offres



Conseil des ministres

Communiqué du conseil des ministres du Sénégal du mercredi 16 octobre 2019

(Equonet-Dakar) - Le Président de la République a présidé la réunion du Conseil des Ministres, ce mercredi 16 octobre 2019, à 10 heures, au Palais de République. En autres sujets abordés, figurent le Magal de Touba, les collectivités territoriales, les infrastructures ferroviaires et routièrs, etc.


Nominations

Les nominations au conseil des ministres du Sénégal du mercredi 16 octobre 2019

(Equonet-Dakar) - Au titre des mesures individuelles, le Président de la République du Sénégal a pris les décisions suivantes au cours du conseil des ministres de ce mercredi 16 octobre 2019 qui a examiné et adoptés des textes législatifs et réglementaires :


Donneurs

Donneurs

Faites un don pour participer à la rédaction d'un Contenu positif, instructif et constructif.


Bon à savoir

HYDROCARBURES : quelques définitions sur le pétrole et le Gaz











Facebook

Actu d'Afrique

La Banque européenne de reconstruction et de développement développe les marchés financiers en Tunisie

(Equonet-Dakar) - Bâtir un marché des capitaux solide signifie bâtir une économie plus forte. La BERD aide les autorités tunisiennes à créer un marché des capitaux capable de fournir aux entreprises locales un meilleur accès à diverses sources de financement pour financer et développer leurs activités.


Actu d'Europe

L'Égypte prend des mesures importantes pour approfondir ses marchés monétaire, dérivé et financier

(Equonet-Dakar) - La Banque centrale d' Égypte a fait des progrès considérables dans le développement de ses marchés monétaire, dérivé et financier. L’introduction d’un point de repère du taux d’intérêt sans risque est l’une des mesures importantes prises pour jeter les bases de l’amélioration et de l’amélioration de l’efficacité du marché. Cette évolution est conforme au mouvement international en faveur de l’élaboration de taux sans risque à mesure que les repères -IBOR sont en train de disparaître.