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uemoa : résumé du rapport sur la politique monétaire de juin 2023


Rédigé le 7 Juillet 2023 à 18:15 | 0 commentaire(s) modifié le 10 Juillet 2023 - 13:23


(Equonet-Dakar) - La Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'ouest vient de publier le rapport sur la politique monétaire dans l'Union monétaire ouest africaine (UMOA) de juin 2023. Voici un extrait du résumé du rapport concernant l'Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA).


Au sein de l’UEMOA, les dernières estimations du PIB trimestriel font état d’une activité économique dynamique au premier trimestre 2023, avec un taux de croissance de 5,4%, en rythme annuel, après 5,3% au trimestre précédent. Cette évolution a été portée par la progression de la valeur ajoutée dans tous les secteurs. Sur l’ensemble de l’année 2022, le PIB de l’Union a progressé de 5,9%, en termes réels, après 6,1% en 2021. 

Le taux d’inflation, en glissement annuel, s’est établi au premier trimestre 2023 à 5,8%, contre 7,8% un trimestre plus tôt. Cette décélération du niveau général des prix est essentiellement imputable à la baisse du rythme de progression des prix des produits alimentaires, en lien avec le rebond de 17,6% de la production céréalière au titre de la campagne 2022/2023 contre une baisse de 13,2% l’année précédente.

La gestion des finances publiques dans l’UEMOA, au cours des trois premiers mois de l’année 2023, laisse apparaître une diminution du déficit budgétaire global, base engagements, dons compris, à 1.214,8 milliards contre 1.512,4 milliards un an plus tôt. Cette réduction du déficit est due à un accroissement plus important des recettes et dons (+536,6 milliards) par rapport aux dépenses totales et prêts nets (+239,1 milliards). Ce déficit public a été couvert par les mobilisations de ressources sur le marché financier régional et auprès des partenaires techniques et financiers, portant l’encours de la dette publique à 63.821,8 milliards (52,9% du PIB) en mars 2023, soit une progression de 1.357,0 milliards ou de 2,2% par rapport à décembre 2022.

Les échanges extérieurs des pays de l’Union, au cours du premier trimestre 2023, se sont soldés par un déficit global de 1.704,4 milliards, après celui de 829,7 milliards noté à la même période de l’année précédente. Cette évolution résulte principalement d’une aggravation du déficit du compte courant évalué à 2.286,7 milliards, partiellement compensée par les entrées nettes de ressources. Rapporté au PIB, le déficit courant s’est établi à 7,7% au premier trimestre 2023, contre 7,4% au quatrième trimestre 2022 et 6,8% une année plus tôt.

Les conditions monétaires dans l’Union au cours du premier trimestre 2023 se sont tendues, en ligne avec le quatrième relèvement consécutif des taux directeurs de la BCEAO et le retour aux adjudications à taux variables sur les guichets de refinancement depuis février 2023. Le taux d’intérêt moyen pondéré sur le marché interbancaire, toutes maturités confondues, est ressorti à 4,34%, après 3,26% un trimestre plus tôt. Sur le compartiment à une semaine, le taux d’intérêt moyen pondéré s’est établi à 4,21%, après 3,10% au trimestre précédent. Le taux débiteur moyen des banques, hors taxes et charges, est ressorti à 6,72% au premier trimestre 2023, contre 6,70% au quatrième trimestre 2022, soit une hausse de 2,0 pdb.

La situation monétaire est marquée par une baisse du rythme de progression annuelle de la masse monétaire qui est ressorti à 8,5% à fin mars 2023, après 11,3% à fin décembre 2022. Cette décélération est induite par la contraction des actifs extérieurs nets (-4.208,6 milliards ou -59,4%), compensée par la hausse des créances intérieures (+8.505,6 milliards ou 18,9%). L’augmentation des créances intérieures résulte de la hausse des créances nettes des institutions de dépôt sur les Administrations Publiques Centrales (+3.863,3 milliards ou +22,7%), combinée à celle des créances sur l’économie (+4.642,3 milliards ou +16,6%).

Sur le marché boursier régional, l’activité dans l’Union s’est améliorée au cours du premier trimestre 2023, avec une hausse de l’indice global, le BRVM Composite, de 1,5%, contre une baisse de 4,0% le trimestre précédent. La capitalisation boursière de l’ensemble des titres cotés sur le marché s’est accrue, en rythme trimestriel, de 6,8%, après une hausse de 12,4% trois mois plus tôt. Cette évolution reflète l’accroissement de la capitalisation du marché des obligations (+13,7%), atténué par la baisse de celle du marché des actions (-1,3%).

Relativement aux perspectives économiques de l’Union, la croissance ressortirait à 6,3% en 2023 et à 6,9% en 2024, en lien avec la bonne tenue de l’activité dans l’ensemble des secteurs. Ces projections restent toutefois sujettes à des risques liés notamment à l’évolution de la conjoncture internationale, à la situation socio-politique et sécuritaire dans l’Union ainsi qu’aux effets du changement climatique. 

La gestion des finances publiques des Etats membres de l’Union serait caractérisée par une diminution graduelle des déficits à partir de 2023, après le creusement enregistré en 2022. Le déficit budgétaire de l’Union ressortirait à 5,2% du PIB en 2023 et à 3,7% en 2024, après 6,6% en 2022.

5. Les projections des échanges extérieurs de l’UEMOA tablent sur une amélioration progressive du solde de la balance des paiements à partir de 2023, après la forte dégradation enregistrée en 2022. En liaison notamment avec l’entrée en production des plateformes de pétrole et de gaz au Niger et au Sénégal ainsi qu’avec l’amélioration des termes de l’échange, le déficit courant devrait progressivement s’atténuer et ressortir, en pourcentage du PIB, à 6,2% en 2023 et 3,4% en 2024, après 7,8% en 2022. Le solde global de la balance des paiements ressortirait déficitaire de 526,8 milliards en 2023 suivi d’un excédent de 2.297,0 milliards en 2024, après un déficit de 3.343,1 milliards en 2022. Tenant compte des mobilisations de ressources auprès du FMI, la couverture des importations par les réserves de change serait en hausse sur la période, passant de 4,6 mois en 2023 à 5,5 mois en 2024, après 4,2 mois en décembre 2022.

La situation monétaire serait marquée par une atténuation de la baisse des avoirs extérieurs nets en 2023 et un rebond en 2024. L’amélioration du solde global de la balance des paiements devrait ralentir en 2023 la dégradation des avoirs extérieurs qui, par la suite, se reconstitueraient en 2024. Le rythme de progression des crédits à l’économie resterait soutenu, ressortant à 12,5% en 2023 et 14,5% en 2024, après 14,4% en 2022.

Dans un contexte de détente des cours mondiaux des produits alimentaires et pétroliers, de hausse de la production céréalière lors de la campagne 2022/2023 et de poursuite de la normalisation de la politique monétaire, le taux d’inflation devrait s’inscrire dans une dynamique baissière pour s’établir à 4,4% en 2023 et 3,2% en 2024, après 7,4% en 2022.

Les risques entourant les prévisions de l’inflation sont globalement haussiers. Ils ont trait notamment à l’extension des zones d’insécurité qui pourrait affecter davantage les capacités de production, avec notamment l’accroissement des déplacements des populations dans les zones concernées et une accentuation des difficultés d’approvisionnement des marchés. Par ailleurs, une détérioration des conditions climatiques dans les pays de l’Union serait susceptible de peser sur les performances de la production agricole lors de la campagne 2023/2024. 

En savoir plus : https://www.bceao.int/fr/publications/rapport-sur-la-politique-monetaire-de-lumoa-juin-2023 .equonet.net
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