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AFRIQUE CENTRALE : la situation économique reste difficile, selon le FMI


Rédigé le 19 Décembre 2018 à 10:49 | 0 commentaire(s) modifié le 19 Décembre 2018 - 13:26


(Equonet-Dakar) - Les efforts déployés continuellement par les pays membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et les institutions régionales ont contribué à éviter une crise immédiate, mais la situation économique reste difficile dans la région.


 «La situation économique dans la CEMAC reste difficile. La croissance économique régionale, qui a ralenti considérablement après la chute des prix du pétrole en 2014, demeure atone et ne s’est pas encore accélérée comme prévu. La croissance hors secteur pétrolier devrait tomber en 2018 à 1,0 pour cent, contre 2,6 pour cent en 2017», note le FMI dans un communiqué de presse transmis à Equonet.

«Un rebond plus marqué que prévu du produit intérieur brut (PIB) pétrolier (+ 7,3 pour cent) contribuerait néanmoins à une accélération de la croissance globale, de 1,0 pour cent en 2017 à 2,2 pour cent en 2018. L’inflation s’accélère, mais resterait faible, aux alentours de 2 pour cent à la fin de l’année. La situation du secteur bancaire reste difficile, en raison du niveau élevé des arriérés de l’État. Les prêts improductifs ont continué d’augmenter, pour atteindre 17 pour cent du total des prêts à la fin de septembre 2018, tandis que plusieurs banques continuent de ne pas respecter certains ratios prudentiels», souligne-t-il.

Selon le FMI, les avoirs extérieurs nets de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) étaient inférieurs aux prévisions à la fin septembre et devraient le rester jusqu’à la fin de l’année, en dépit de la hausse des prix du pétrole et des efforts déployés par la BEAC et la Commission bancaire d’Afrique centrale (COBAC) pour renforcer l’application de la réglementation des changes.

Pour le Conseil d’administration, cela s’explique dans une large mesure par les retards observés dans l’adoption de programmes appuyés par le FMI en République du Congo et en Guinée équatoriale et dans le décaissement de l’aide budgétaire extérieure qui y est liée. Par ailleurs, il note que les efforts budgétaires consentis par les pays qui appliquent un programme appuyé par le FMI sont plus ou moins conformes aux attentes. «Pour l’ensemble de la région, le déficit hors pétrole à la fin de 2018 devrait correspondre aux prévisions, tandis que le solde global dépasserait ces dernières en raison d’une augmentation des recettes pétrolières», projette-t-il.

À moyen terme, le FMI s’attend à une amélioration progressive de la situation économique et financière.

«Des réformes visant à améliorer le climat des affaires et la gouvernance, ainsi qu’à renforcer le secteur financier, conjuguées à un desserrement du frein exercé par l’ajustement budgétaire et au remboursement des arriérés de l’État, contribueraient à la reprise progressive de la croissance hors pétrole, qui s’établirait à 4 ½ pour cent d’ici 2021», indique –t-il.

«Le solde budgétaire global (à l’exclusion des dons) serait proche de l’équilibre à compter de 2019, en raison d’une nouvelle réduction du déficit primaire hors pétrole. La dette publique baisserait sensiblement, de près de 50 pour cent du PIB à la fin de 2018 à moins de 44 pour cenr du PIB d’ici la fin de 2020. Une nouvelle baisse du déficit des transactions courantes, à environ 1½ pour cent du PIB en 2018-20 (contre 4 pour cent du PIB en 2017), contribuerait à une accumulation progressive de réserves, la couverture des réserves atteignant près de quatre mois d’importations d’ici 2020», ajoute-t-il.

Selon le FMI, ces perspectives reposent sur la mise en œuvre intégrale par les pays membres de la CEMAC et les institutions régionales des engagements qu’ils ont pris, et sont exposées à des risques considérables, parmi lesquels de nouveaux retards dans l’approbation d’accords financiers avec la République du Congo et la Guinée équatoriale, une baisse des prix du pétrole et un durcissement des conditions financières mondiales.
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