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la saveur exquise de la neutralité carbone


Rédigé le 20 Mai 2022 à 18:01 | 0 commentaire(s) modifié le 21 Mai 2022 - 14:06


(Equonet-Dakar) - Passer à un thé neutre en carbone pour le bien de l’environnement et le renforcement des moyens de subsistance.


Pénétrez dans la boutique d’un marchand de thé en Chine, avec ses murs couverts de boîtes en métal cylindriques, ou parcourez le catalogue de l’une des grandes plateformes de vente en ligne du pays, et vous pourrez choisir parmi des thés verts, des thés noirs ou ceux qui se situent entre les deux, les thés semi-fermentés. Mais tandis qu’une industrie très ancienne se tourne vers le futur, un autre choix s’ouvrira peut-être bientôt au consommateur: celui des thés issus d’une production à faible émission de carbone.  
  
«En Chine, le thé n’est pas qu’un produit agricole, c’est une boisson chargée de sens dans la culture chinoise»; c’est donc un produit idéal sur lequel miser pour tenter de «populariser l’idée que chacun peut apporter sa contribution personnelle à la lutte contre le changement climatique» par ses choix de consommation, explique le professeur Yinlong Xu de l’Académie chinoise des sciences agricoles.  
  
Cette perspective n’a fait que gagner du terrain ces dernières années, depuis que la FAO et l’Académie chinoise des sciences agricoles ont lancé un projet pilote en 2017. Leur collaboration portait sur trois zones de théiculture distinctes de Chine et avait pour finalité l’élaboration de lignes directrices pour une production théière sobre ou neutre en carbone.  
  
Les intervenants, qui ont travaillé à Dabu, dans la province méridionale du Guangdong, et à Longquan et Songyang, dans la province orientale du Zhejiang, ont entrepris de calculer les émissions de gaz à effet de serre engendrées par la production de thé et d’évaluer le potentiel d’atténuation des émissions et de piégeage du carbone. Il en est ressorti un éventail de mesures possibles, notamment: utiliser de la paille et du fumier dans la culture du thé; faire un meilleur usage des engrais; planter des arbres pour faire davantage d’ombre; implanter des systèmes de polyculture et utiliser davantage les énergies renouvelables. Les auteurs de l’étude ont aussi mené une réflexion sur les moyens à mobiliser pour transposer le modèle dans d’autres pays et se sont renseignés sur les modalités d’une éventuelle certification du thé sobre ou neutre en carbone.  
  
Ces travaux ont déjà permis de poser en partie les fondations d’un système de certification dont les grandes lignes se dessinent aujourd’hui en Chine, premier producteur – 47 pour cent de la production mondiale – et premier consommateur de thé dans le monde.   
  
La prochaine grande étape sera un projet de production de thé à faible émission de carbone dans le cadre duquel la FAO, l’Académie chinoise des sciences agricoles et l’Agence allemande de collaboration internationale (GIZ) prévoient de mener un essai similaire dans le plus grand pays exportateur de thé, le Kenya, qui assure un quart environ des expéditions de thé dans le monde. Ce projet pilote ambitieux viserait à renforcer les capacités scientifiques, à promouvoir des politiques favorables et à faire progresser le partage des connaissances, et il pourrait servir de point de référence pour la promotion de l’industrie du thé à faible émission de carbone dans le monde entier. 
 
Il s’agirait d’une initiative majeure dans ce pays d’Afrique de l’Est car, «à l’heure actuelle, les seuls thés qui peuvent être qualifiés de sobres en carbone sont produits à l’initiative d’entreprises, et non de pays», explique Mme Dorota Buzon, spécialiste des produits neutres en carbone et de l’action climatique à la FAO.   
  
Avant l’étude pilote effectuée en Chine, peu de recherches avaient été menées sur l’empreinte carbone de l’ensemble de la filière théière, de la culture des théiers à l’ébullition de l’eau pour l’infusion.   
  
Il faut beaucoup d’énergie pour transformer ou flétrir les feuilles de thé, tout comme pour chauffer l’eau afin d’obtenir la boisson à consommer. En revanche, le thé ne nécessite pas de rotation des cultures. En conséquence, les spécialistes de la FAO s’accordent à dire que cela en fait l’un des produits qui se prêtent le mieux à la transition vers une production à faible émission de carbone.  
 
Cependant, la culture du thé étant extrêmement vulnérable au changement climatique, les aspects relatifs à l’atténuation du changement climatique et à l’atténuation de ses effets sont tout aussi importants dans le cadre du projet. Les intervenants ont donc examiné des solutions telles que la sélection de variétés de thé résistantes au stress et l’amélioration des systèmes d’irrigation et d’alerte rapide en cas d’événement météorologique extrême.  
  
«Nous avons essayé de mettre la synergie de l’adaptation et de l’atténuation au service de la production de thé», a déclaré M. Xu. «Le projet pilote mené en Chine n’a donc pas uniquement pour finalité la sobriété ou la neutralité carbone; l’adaptation de la production de thé aux répercussions négatives du changement climatique en est un aspect essentiel.»  
  
Pour les producteurs de thé, tout cela promet de meilleures solutions à la vulnérabilité de leurs cultures face à des températures extrêmes et à des précipitations irrégulières, ainsi que la perspective de meilleurs prix pour un produit qui répond aux normes nouvellement établies.   
  
Ces perspectives mettent en lumière la place que tient le thé dans la transformation des systèmes agroalimentaires et la transition vers de meilleurs moyens de subsistance pour les millions de personnes qui vivent de cette activité.  
  
Alors que le monde célèbre la Journée internationale du thé, le 21 mai, on ne peut que se réjouir du développement d’une production de thé sobre ou neutre en carbone, à la fois meilleure pour la planète et meilleure pour les agriculteurs qui la pratiquent. 

L'histoire originale et les photos associées sont disponibles sur :

 
equonet



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