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Evitons de se flatter pour réussir l’émergence au Sénégal


Rédigé le 1 Août 2019 à 20:28 | 0 commentaire(s) modifié le 5 Août 2019 - 12:10


(Equonet-Dakar) – Il est toujours bon, lorsque c’est nécessaire, de faire une critique constructive aux autorités, c’est-à-dire une critique qui va dans le sens d’emmener ces dernières à faire plus et mieux. C’est de cette manière qu’on pourra aller progressivement vers l’émergence d’un pays. Par contre ce qu’il faut éviter pour réussir l’émergence, c’est de les jeter des fleurs. Comme se fut le cas ce matin, après que le ministre en charge du Plan Sénégal émergent (PSE), Dr Cheikh Kanté, ait présenté le bilan de la phase I et des perspectives de la phase II de ce référentiel de la politique économique et social du pays au Conseil économique, social et environnemental (CESE) dans le cadre de sa session première extraordinaire 2019.


On peut l’assimiler à la caresse au sens du poil. Les honorables conseillers de l’institution se sont montrés très flatteurs. Ils ont tenu des propos trop élogieux à l’endroit du chef de l’Etat, de la présidente du CESE et du ministre chargé de suivre le PSE. A la place d’un débat sérieux et contradictoire sur les problèmes qui préoccupent les populations, les conseillers ont préféré s’appesantir plus sur des remerciements, des formules de prières et autres propos flatteurs. Comme si tout est parfait. C’est comme si on était à l’Assemblée nationale connue pour ses débats infructueux.
 
Dr Cheikh Kanté lui-même, dans son exposé exhaustif et détaillé, a parlé de tout sauf les contraintes liées à la mise en œuvre du PSE I, même si celui a connu indéniablement un franc succès. A cet égard, la remarque de la conseillère Aminata Fall Mbacké est pertinente. «M. le ministre, vous n’avez pas fait état de contraintes dans le PSE. Cela voudrait-il dire que tout marché bien ?», a-t-elle voulu dire dans son esprit.
 
Sa question est importante. En effet, tout ne pas marcher dans un programme ou projet. De ce point de vue, il est important de relever les difficultés rencontrées et de les partager avec le peuple directement ou par le biais de ses représentants afin que ces derniers puissent y réfléchir et proposer des pistes de solutions. C’est comme çà que ça doit marcher.
 
Mais il n’y en a pas eu seulement des jets de fleurs même si les éloges dominaient le débat. En effet, de nombreux conseillers ont mis le doigt là où ça fait mal. Pour l’essentiel, leurs préoccupations tournent autour du foncier, du stockage, de la transformation et de l’écoulement des produits agricoles, du coût du train express régional (TER), du train de vie de l’Etat et de la lourdeur administrative, de la crainte du retour des délestage, de qualité de l’eau des robinets et de l’accueil dans les hôpitaux qui demandent une lettre de garantie avant de s’occuper du malade.
 
Des problèmes qui ne sont pas nouveaux pour avoir été soulevés à plusieurs reprises à l’Assemblée nationale et autres rencontres du genre.
 
Ce qui ressemble à une nouveauté, c’est la suggestion du conseiller Cheikh Ngaïdo Bâ relative à la sécurisation du PSE pour éviter son chamboulement par l’avènement d’un nouveau régime après la fin du mandat du président Macky Sall.
 
Dans le même ordre d’idée, un autre conseiller à mis l’accent sur la nécessité du service militaire obligatoire pour faire changer les comportements et les mentalités des sénégalais réputés très indisciplinés à tous les niveaux. Cette éducation de base est d’autant plus importante qu’elle pourrait être un apport de taille dans la formation du capital humain indispensable à la mise en œuvre et au succès du PSE.



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