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Les compagnies pétrolières nationales africaines en crise


Rédigé le 21 Décembre 2017 à 09:53 | 0 commentaire(s) modifié le 21 Décembre 2017 - 10:02


Les compagnies pétrolières nationales africaines doivent revoir leur modèle. En crise de l’Angola au Congo, en passant par le Nigeria ou l’Algérie, elles ne sont pas armées, estime une étude de l’IFRI, pour surmonter la chute des cours.




Les compagnies pétrolières nationales africaines en crise
(Ecofinance.sn Dakar) - Les trois géants africains des hydrocarbures, l’Algérie, l’Angola et le Nigeria ont chacun un modèle très différent de compagnie pétrolière nationale. Mais tous ces modèles sont en crise, depuis la chute des revenus du pétrole.

En Angola, la Sonangol - qui vient de se séparer de sa patronne Isabel Dos Santos, accusée de détournements de fonds - est devenue « plus qu’un instrument du régime, une institution quasi familiale », qu’on ne peut comparer à aucune autre compagnie africaine, « à part peut-être la SNPC au Congo », estime Sébastien Augé, auteur de l’étude publiée par l’IFRI.

Sonangol, essentielle à l’économie angolaise, sans avoir produit elle-même une goutte de pétrole, s’est toujours contentée de délimiter les permis et de gérer la part de l’État, au service du parti au pouvoir depuis l’indépendance. Un « État dans l’État » qui a investi dans tous les secteurs de l’économie, mais qui a négligé la transition vers les énergies renouvelables... Et n’a pas réussi à fournir de carburant à l’Angola, pourtant deuxième producteur de brut du continent.

Ce qui parasite le secteur

Cette incapacité à s’équiper de raffineries dignes de ce nom, parce qu’elles contrarieraient les intérêts des importateurs de carburants, cet oubli des énergies vertes, on les retrouve au Nigeria, où la compagnie nationale NNPC (National Nigerian Petroleum Company) a également une histoire très fournie en scandales financiers. En revanche, contrairement à Sonangol, la compagnie nigériane est présente sur toute la chaîne pétrolière, mais elle est inefficace. NNPC s’impose en particulier de co-développer les gisements avec les compagnies pétrolières internationales alors qu’elle n’en a pas les moyens, ni financiers ni humains, ce qui retarde les projets.

En Algérie, c’est la réglementation peu favorable aux investissements étrangers qui empêche la Sonatrach de développer sa production, pas le manque de compétences, elle a même été pionnière dans la liquéfaction du gaz. C’est faute de finances que la compagnie nationale a gelé ses projets d’hydrocarbures non conventionnels. Pourtant l’Algérie a, plus que le Nigeria ou l’Angola, besoin de dégager des revenus pour développer sa production énergétique, la consommation algérienne grandissant encore plus vite. Le nouveau président de la Sonatrach a prévu des réformes, mais elles seront très délicates à mener, étant donné l’importance plus grande qu’ailleurs de l’argent du pétrole pour les Algériens, à travers les subventions.



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