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Point économique du Sénégal : Experts du privé et universitaires réclament plus de clarté


Rédigé le 14 Mars 2018 à 10:05 | 0 commentaire(s) modifié le 14 Mars 2018 - 10:07


Les panélistes du «Point économique» du ministère de l’Economie, des Finances et du plan, sont restés sur leur faim après la présentation des tableaux du cadre macroéconomique du Sénégal et du Plan Sénégal Emergent (PSE). Le représentant du secteur privé national et celui du Département de l’économie de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), ont tous dénoncé le problème des statistiques et leur affinement. Ils demandent une réflexion beaucoup plus approfondie de la part de l’Etat pour leur permettre d’apporter des réflexions communes partagées.


La situation et les perspectives économiques du Sénégal présentées ce matin sous forme de tableaux  à l’occasion de l’atelier d’échange organisé par le ministère des Finances n’ont pas répondu aux attentes des panélistes. Selon le représentant du secteur privé, Mr Bocoum, la présentation a été trop ramassée et n'a pas été trop claire.

 «La présentation a été trop ramassée. Cela ne nous donne pas une lecture pertinente de la situation. Or, pour la rencontre d’aujourd’hui, les acteurs principaux, ce sont l’Etat et le secteur privé national. Donc, il faut qu’on se parle franchement et clairement avec des chiffres qui permettent d’avoir une lecture objective», déclare le représentant du secteur privé.

Mr Bocoum dénonce le format des tableaux qui, selon lui, n'est pas trop pertinent. «Le format qui été fait les dernières années, était plus pertinent. Il y avait un tableau avec les objectifs, les réalisations, et on en mettait une bande avec des points rouges. C’était objectif,  franc et  clair. Ça nous permettait de voir qu’est-ce-qui ne va pas. Et à partir de là, on interpelle les différents acteurs pour qu’ils apportent des réflexions communes partagées. C’est ça qui nous fera avancer», martèle-t-il. 

Avant de préciser : «Tant qu’on présente ces tableaux qui sont très génériques, classiques, on ne s’y retrouvera jamais. Et, le secteur privé national, c’est le pendant du Sénégal».

Le panéliste a tenu à attirer aussi l’attention sur les modes de financement pour le Partenariat Public/Privé (PPP).

 «Le PPP c'est un programme, c’est bien, ça va permettre de soutenir beaucoup de projets du PSE. Mais dans sa mise en œuvre,  ce n’est rien du tout», campe-t-il. Et, de déplorer «On plombe dans l’ancien système de coopération à l’époque où les Européens viennent avec un financement clé qu’il donne à des entreprises européennes réalisent. Donc, ça fait tourner leur économie, ils financent leur économie même hors territoire. De même, dans le PPP, ils viennent, ils financent leurs argents et ils vont réaliser eux-mêmes les travaux. Et, de manières résiduelles, on va voir des sous-traitantes des entreprises sénégalaises».

«Cette émergence, dont on parle, elle se fera avec les Sénégalais, par les Sénégalais et pour les Sénégalais. C’est un support ponctuel dans le temps », soutient-il.  

Pour sa part, le professeur Abou Kane qui a parlé au nom du Département de l’économie de l’université, déplore la façon dont on parle de la situation économique du Sénégal.

«J’ai constaté qu’au Sénégal lorsqu’on parle de situation économique, de perspective moins et long terme, souvent on fait beaucoup plus de comptabilité nationale que économie. Parce qu’on insiste beaucoup sur les agrégats macroéconomique mais je ne me souviens pas avoir vu des élargies de fonds comme le marché du travail qui est un élément important de l’économie », souligne-t-il.

Poursuivant, il ajoute : «j’ai remarqué dans la présentation que les secteurs primaires et tertiaires ont fait des bons, alors que le secteur secondaire était en train de décélérer pour ne pas dire dégringoler pour un pays qui est sur une trajectoire d’émergence. C’est un peu inquiétant».

 «Malheureusement, déplore-t-il, les chiffres que nous avons, ne nous permettent pas d’aller au fond. Le secteur de la pêche, par exemple, demande une analyse plus profonde. On ne peut avoir un secteur qui dégringole de 12,5% à 3,1%  sur les deux (2) ans (2016-2018). Et en même temps, quand on regarde les exportations, on voit clairement que la pêche fait partie des secteurs qui ont boustés les exportations. Cela veut dire peut-être que nous avons une pêche qui est extraverti et ça, d’un point de vue purement économique, ce serait bien de pousser les analyses pour nous permettre de comprendre quelle est la dynamique des secteurs de l’économie».

« Je m’attendais au-delà de la présentation, des chiffres, des explications détaillées par rapport à la trajectoire  que nous visons», conclut-il.



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